Didier Pourquery entretient la conversation et le goût des mots

Didier Pourquery est le parrain de la promotion 2016 de la filière journalisme de l’emi. Persuadé que l’on a plus que jamais besoin d’information, il lance l’aventure de la version française de The Conversation. Tout en continuant, par son goût de « l’ordinaire », à nourrir sa passion pour les mots.

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Didier Pourquery. Crédit photo : éditions Autrement.

Didier Pourquery évolue depuis plus de trente ans dans le monde de la presse. Entré à Libération en 1983, il passe au Monde en 1986. Titres et fonctions se succèdent : La Tribune, InfoMatin, Voici, L’Expansion… ; rédacteur en chef de VSD, directeur adjoint de Bild France, directeur délégué de la rédaction de Libération, directeur de la rédaction de Métro France… La liste est incomplète.

En pleine Conversation

En 2009, il intègre le groupe Le Monde : rédacteur en chef du Monde 2 (futur Monde Magazine) puis directeur adjoint des rédactions. Boucle bouclée ? Oh non ! En septembre 2014, Didier devient consultant pour Image 7. Pas pour longtemps. Il est maintenant en plein lancement de la version française du site australien The Conversation.

Passionné par l’information, Didier Pourquery est aussi un gourmand et un gourmet des mots (pas que, mais passons). Il a tenu pour le Monde puis le huffingtonpost.fr une chronique intitulée Juste un mot. 

Une centaine de ces textes sont regroupés dans un recueil, Les Mots de l’époque, publié aux éditions Autrement (224p. 15€).

« J’aime l’ordinaire »

Dans les premières pages de son ouvrage, Pourquery explique : « Je ne suis ni linguiste, ni sémiologue, ni académicien (ça se saurait). Je pratique depuis plus de trente ans un métier qui dans les échelles de confiance voisine, en bas de liste, avec celui d’agent immobilier : journaliste. Cet emploi m’a permis d’enquêter sur les choses les plus ténues, de faire des reportages sur les régions les plus banales. J’aime l’ordinaire. Et quoi de plus ordinaire que les mots de tous les jours ? »

Cette simplicité et cette proximité rendent l’homme attachant et le journaliste excellent. Didier Pourquery le prouve dans les pages de son livre : il sait écouter les gens. Partout : au restaurant, en métro, dans la rue et sur les réseaux sociaux. Avec attention, agacement parfois, bienveillance souvent. Toujours sans concession.

C’est cash !

les-mots-de-l-epoque-100-tics-et-autres-extravagances-du-langage-quotidien-par-didier-pourquery_5099460Didier Pourquery constate dans son livre que l’on vit dans des temps d’ « en même temps » où chacun s’invite et revisite. Dans des endroits où, entre un p’tit-mail et la deadline, on s’empresse de faire le job, pas de souci. Dans des zones de mode (comme il existe des zones de conflit) où l’on nous bombarde de selfies, de trolls, de swag, de gay friendly, de paradigmes et de boulets. Dans une époque de mots courts dont on ne sait plus s’ils en disent long ou non : à plus, j’avoue, genre !, voilà…

Pourquery l’affirme en connaisseur : « Les tics de langage ne sont pas innocents ». Collectés dans divers médias et dans la vie de tous les jours, éclairés par leur étymologie et leur évolution, ces mots dévoilent l’usage que fait d’eux l’époque.

Ces chroniques sont servies par une langue riche et savoureuse. Le style est à l’image de l’homme : discret et élégant, truffé de culture et gorgé d’humour.

Alors juste un mot, Didier : merci.

Olivier Quelier

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