Norman Rush : « Ne pas trop écrire, rester sobre »

Il m’est manifestement plus facile d’écrire long… (…) c’est ma nature profonde d’écrire ainsi, même si j’essaie de plus en plus de me contrôler — le temps qu’il me reste n’est pas illimité. Étant lent et perfectionniste, je dois absolument me consacrer désormais à des formes plus brèves : des nouvelles, des romans courts. Mais c’est un combat. Pour parvenir à écrire court, le romancier doit lutter contre le réalisme.

Car il n’y a techniquement aucune limite à ce que vous pouvez décrire : trente pages ne suffisent pas à dire une toute petite pièce vide. La description est un acte merveilleux auquel j’adore me livrer, même si je sais que, pour l’intérêt de l’histoire et du lecteur, il n’est pas forcément crucial de les multiplier dans un roman…

J’aime aussi écrire les conversations, de longs dialogues dans lesquels se mêlent les mots prononcés et tout ce qui n’est pas dit mais se déchiffre entre les lignes. Mais, là encore, il faut savoir rester mesuré, même si ce n’est pas ma pente naturelle. Lire de la poésie m’aide à cela : ne pas trop écrire, rester sobre, chercher la concentration, la compression, comme font les poètes.

norman rush photo
Norman Rush (photo France24).

Norman Rush (interview parue dans Télérama du 26/08/15).

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