Édith le Dico lutte contre la « grosmotphobie »

C’est bizarre les mots ; ça tient à trois fois rien. Un peu trop d’académisme, un rien d’indifférence et les voici noyés dans les flots trop tourmentés des indispensables sur lesquels jamais ne se pose un regard.

Petites mains des moindres pensées, des embryons d’idées, des grands projets et des rêves assumés, chair à stylo des grands textes et des petits billets, squatters anonymes des coins de table et des incunables millénaires.

Les mots restent et nous passons, eux mendiants de la rue, nous fanfarons ingrats… Par chance, certains d’entre nous savent prendre le temps. Savourer l’instant, profiter de la rencontre…

S’arrêter sur les mots, c’est croquer un bonbon inconnu : l’enveloppe est souvent trompeuse, qui réserve des saveurs acidulées souvent, pimentées parfois.

Édith a la curiosité saine des enfants coquins. C’est d’ailleurs une conversation avec sa fillette qui est à l’origine du Dico des gros mots cachés dans les mots (Libres et ris ! éditions). Après une première édition en 2009, le livre ressort aujourd’hui sous forme d’un best-of des cent meilleures définitions, illustré par des auteurs comme Philippe Ory, Bebb, Pacall ou Gwen…

Edith a conclu sa discussion sur ce conseil malin : « Si tu veux dire des gros mots sans te faire gronder, tu ne dis que des gros mots qui sont cachés dans les mots normaux, d’accord ? Ouvre bien tes oreilles ! Allez file ! ».

Scatologie lettrée

L’impertinence cultivée et rigolote, on ne fait pas mieux. Car ne vous y trompez pas : Édith ne joue pas innocemment au pipi-caca. Ici on « fait » certes, mais on fait dans la scatologie lettrée, dans l’étymologie qui ne poète pas plus haut que ça mais se réfère au très sérieux Petit Robert.

Bien sûr, certains fronceront le nez, sentant dans cette valeur sûre au « caca rente » comme un appel salace et espiègle à sortir les gros mots de leur fange. Le quatrième de couverture annonce avec fierté que ce petit pavé rose fera la joie des « zobs cédés textuels » bloqués dans des coinstots bizarres.

Le dico présente un peu plus de 250 gros mots cachés dans les mots, de « acculé » à « les obtus » avec, bien sûr, pas mal d’entrées en « bit », « con » et « pine »… De quoi faire fuir, à défaut des serrés du cul, les étroits d’esprit qui confondent audace et vulgarité.

À ceux-là, Édith rétorque : « Si votre pif est pudibond au point de défaillir, reposez cet ouvrage. Sinon, abordez-le avec humour et pertinence ».

Au final, vous ne regarderez ni n’entendrez plus les mots de la même manière… Du container à la compote, du suspect à la pipelette. Petites définitions piochées au hasard : « Compassion : sentiment qui pousse les femmes à partager le mâle d’autrui » ; « connue : qui passe inaperçue quand elle est habillée ».

Il ne faut pas tout dévoiler des définitions et laisser à chacun le plaisir de suivre les circonvolutions linguistiques de Madame Édith. La place est libre, profitez-en !

Olivier Quelier.

Le Dico des gros mots cachés dans les mots (Tâche d’encre éditions).

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