Les robots-rédacteurs, ces nouveaux journalistes

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Les robots succéderont-ils un jour aux journalistes ? La question ne se pose plus vraiment en ces termes : depuis quelques années, ils remplacent déjà les rédacteurs. Le site 01net.com titrait ainsi un article, le 30 janvier 2015 : « Les nouveaux journalistes de l’agence de presse AP sont… des robots ».

Le sport a été le premier domaine concerné. Logique : un compte rendu de match, par exemple, est composé à 75% de chiffres.

C’est maintenant le secteur de la finance qui est confié pour partie aux machines, à l’image de cet article boursier du magazine Forbes cité par l’Obs dans un article très complet : « Caesars Entertainment, qui présentera ses comptes le 19 août, devrait afficher des résultats meilleurs que prévu. Le chiffre d’affaires trimestriel est en hausse de 3% et devrait atteindre 8, 85 milliards de dollars pour l’année. Trois analystes conseillent de conserver, deux de rester à l’écart. »

90% des articles d’ici à 2025 ?

En mars 2015, lors du premier tour des élections départementales, le quotidien Le Monde a confié à des robots la rédaction de certains articles présentant les résultats. La pratique a suscité l’intérêt de certains spécialistes des nouvelles écritures.

On estime que, d’ici à 2025, 90% des articles grand public pourraient être produits par des robots. Ils n’ont aucune difficulté à rédiger, à générer des statistiques et à vérifier des propos (oui, il fait du fact checking…), à améliorer l’éditorialisation (l’ordinateur peut configurer le sommaire du site d’informations en fonction de vos préférences). L’un des risques étant de priver les lecteurs des articles qui, a priori, ne les intéressent pas, comme le souligne cet article.

Les journalistes sur le terrain

Certains rédacteurs en chef voient en eux non pas les remplaçants des journalistes, mais des assistants toujours prêts à s’attaquer aux tâches les plus ingrates, leur libérant ainsi du temps pour se réapproprier le terrain et se consacrer à l’investigation, à l’enquête, aux reportages.

Point rassurant pour le reporter, le robot est incapable de recouper des éléments d’information, d’utiliser son intuition, d’interpréter les propos, les non-dits, les sous-entendus. Le journaliste, cet « animal vif à l’esprit curieux » comme le définissait Françoise Giroud, a donc encore de beaux jours devant lui.

Et le secrétaire de rédaction ? La machine ne maîtrise pas le style et n’aura sans doute jamais la « patte » du bon rédacteur. Quant aux subtilités du français et à la correction orthotypographique, l’usage basique qu’il fait de la langue amène à l’obligation d’une relecture, voire d’une réécriture.

Et le texte présenté par le Parisien Magazine (photo ci-dessus) montre aussi la nécessité d’une correction. En tout cas si l’on souhaite dépasser l’essence du journalisme qui, toujours selon Françoise Giroud, est « fugitif, superficiel et comestible ».

Olivier Quelier. 

 

Pour approfondir le sujet, deux vidéos :

– Un reportage de Médias le mag, qui explique notamment l’usage des machines dans le journalisme de sport et dans l’éditorialisation des sites d’information.

– Un reportage de France 24, qui se demande si le journaliste est une espèce menacée.

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