Umberto Eco : « Le poncif paralyse la langue »

imgres« Soit vous construisez votre lecteur, soit vous suivez son goût présupposé avec des études d’opinions. Eugène Sue donnait à ses lecteurs ce qu’ils attendaient, Balzac forgeait leur goût, leur proposait des histoires, des situations et un style qu’ils n’avaient pas imaginés.

Des livres disent « je suis comme toi », d’autres « je suis un autre ». Il faut éviter cette uniformisation du style à laquelle nous assistons, exigée par la nouvelle industrie des médias.

Dans mon roman, je me suis amusé à faire une liste de tous les poncifs qui règnent dans la presse.

Et même les journalistes des « bons » journaux ont admis que ces clichés dominent dans leurs quotidiens aussi. C’est une forme de paresse. On dit que la littérature sert à tenir en exercice le langage, mais la presse devrait avoir le même but. Le poncif paralyse la langue. »

Extrait de l’interview d’Umberto Eco, publiée dans Le Monde (dimanche 31 mai – lundi 1er juin 2015) à l’occasion de la parution de son roman Numéro Zéro.

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