Jean d’Ormesson : « Un article doit être écrit vite, dans l’émotion »

Le livre regroupe une sélection de vos chroniques en tant que journaliste. Pourquoi ce recueil ?

831 livreJ’avais déjà fait cet exercice il y a vingt-cinq ans avec un recueil qui s’intitulait Jean qui grogne et Jean qui rit. Il s’agissait surtout des chroniques politiques, sur l’international, sur Jean Paul II, sur Mitterrand. Là, ce sont des chroniques qui s’étendent à peu près sur trente ans, entre 1969 et 2007. On a choisi un peu moins d’une centaine d’articles auxquels je n’ai absolument rien retouché. Ils traitent essentiellement des livres, mais aussi des voyages – la Méditerranée, les îles grecques, l’Italie – et d’amis. Ce qu’on peut dire de L’Iliade, de Flaubert ou de Proust, vieillit peu. Il y a également quelques chroniques sur des gens qu’on a peut-être un peu oubliés, comme Bernard Frank, et d’autres sur des contemporains, comme Nourissier, Sollers, Patrick Besson… Tout cela réuni donne une sorte d’image de la vie culturelle pendant trente ans.

Y avait-il une volonté de pérenniser votre travail journalistique ?

J’ai dit à ma fille que rien ne vieillissait mieux que les articles et qu’il était un peu suffisant de penser que ces textes écrits assez vite – je pense qu’un article doit être écrit vite, qu’un article que l’on travaille pendant deux jours n’est pas bon, qu’il doit être écrit presque aussi vite qu’il est lu, dans l’émotion – puissent faire l’objet d’un livre. Je me suis demandé si cela valait la peine de reprendre des choses qui, par définition, sont éphémères. Je lui ai rappelé cette définition du journalisme par Gide, « J’appelle journalisme ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui », et celle de Péguy : « Rien n’est plus vieux que le journal de ce matin, et Homère est toujours jeune ». Elle m’a dit qu’il fallait écarter les articles politiques qui vieillissent, garder ceux sur les livres, sur la Sicile, sur l’île de Rhodes… Elle a fait un choix que nous avons réparti en onze chapitres précédés d’une petite préface pour les situer et les coordonner.

Jean d’Ormesson, à l’occasion de la sortie de son livre Odeur du temps.

Propos recueillis par Thomas Flamerion pour Evene.fr (« Le temps qui passe et le temps qui dure ») / evene.fr

A lire aussi :

Beigbeder, d’Ormesson et l’urgence de l’article.

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2 réflexions sur “Jean d’Ormesson : « Un article doit être écrit vite, dans l’émotion »

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