Libération, à plus d’un titre

J’aime le New Yorker pour ses unes graphiques ; Libération pour ses unes nécrologiques. J’aime plein de magazines et de journaux pour leurs coquilles à répétition. Et j’aime Libé aussi pour ses titres, bien sûr.

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Hervé Marchon, qui a été journaliste au quotidien Libération pendant seize ans (15 ans et 51 semaines pour être précis), consacre un ouvrage à ce qui apparaît comme la marque de fabrique de Libé : Les meilleurs titres (éditions de La Martinière).

En 220 pages, Marchon réunit « les pépites cachées dans la mine des archives » : des titres publiés dans le journal et sur le site web entre 1973 et 2015. Allez, ouvrons le ban : Chacun fait ski lui plaît ; Mireille Mathieu, une certaine idée de la frange ; Tchao Papin ; Pierce céleste perce Seles ; Des chibres et des lettres ; Ma péniche habite dans le loyer cher…

Pause.

Ce qui est intéressant dans cet ouvrage, c’est qu’il ne se contente pas de compiler des titres. Des séquences permettent au lecteur de s’arrêter sur l’histoire de Libération ; de s’intéresser à la théorie de l’absence — « plus gros est l’événement, plus petit est le titre » — ; de s’essayer aux figures de style (allitérations, assonances, calembours…).

Sans collectif, pas de titre

Le livre de Marchon (et de toutes les équipes de Libé, d’ailleurs) a le grand mérite de mettre en lumière les fonctions de secrétaires de rédaction et d’éditeurs. « Le titre à Libé est un sport collectif » : pas d’équipe de pros triés sur le volet, doux hurluberlus dopés à quelque substance plus ou moins licite.

« Il y a à Libération une armée des ombres des réécrivants dont le but est d’améliorer par le haut, d’exhausser et non pas d’obscurcir ou de détruire l’article », explique Gérard Lefort, une plume du journal.

On reprend.

imgresAu hasard : Tout fou Lacan ; Yes we cannabis ; Ci-Mouloudji ; L’Eddy pas Gaga ; Sarkozy ramène sa fraise ; La crise sur le gâteau ; Coca-Cola cahin-caha ; Ca selfie comme ça…

Laissons la conclusion à Laurent Joffrin : « Raconter le monde en trois mots : l’art est difficile. C’est cette difficulté qui fait un style. Et sans style, point de journal ».

Olivier Quelier.

Libé, les meilleurs titres, de Hervé Marchon. Préface de Stéphane de Groodt, éditions de La Martinière, 12€.

 

 

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