Jonathan Franzen : « La télévision me libère de la responsabilité de décrire un morceau de tapis »

220px-Jonathan_Franzen_2011_Shankbone« Avant, il suffisait de collecter un énorme volume de documentation pour créer un roman impressionnant. Thomas Pynchon s’en est fait une spécialité, par exemple. Maintenant, c’est tellement facile de trouver les informations que suivre ce modèle ne semble pas pertinent.

Dans les romans du XIXe siècle — voyez Zola —, il y a des pages et des pages de descriptions. Nous n’avons plus besoin de celles-ci. Il est fastidieux de lire un  long paragraphe sur le visage de quelqu’un. Nous sommes tellement habitués à allumer la télé et à voir les images…

À moins d’être un génie du niveau du Britannique Thomas Hardy, qui décrivait merveilleusement la nature, je me demande si le lecteur a besoin de savoir si tel ou tel personnage a ou non un long nez. L’attention du lecteur est limitée, comme le nombre de mots. Ceux-ci sont mieux employés à évoquer des choses que la télévision ne peut pas montrer. Je suis ravi que la télévision me libère de la responsabilité de décrire un morceau de tapis. »

Jonathan Franzen à propos de son nouveau livre, Purity (L’Olivier).

Extrait d’un entretien avec Corine Lesnes, publié dans le Monde des livres du 16 avril 2016.

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