Bernard Pivot : les mots vont-ils manger le gratteur de têtes ?

Le spectacle que Bernard Pivot a interprété au Théâtre du Rond-Point, Au secours ! Les mots m’ont mangé, est aujourd’hui un livre édité par les éditions Allary. Début 2013, Pivot présentait, sur cette même scène, Souvenirs d’un gratteur de têtes. Durant plus d’une heure, il lisait des extraits de ses livres. Une balade légère à travers les mots et les rencontres passées. Reprise (avant la critique du livre), de la chronique écrite alors.

redim_proportionnel_photo

Photo : Théâtre du Rond-Point
© Giovanni Cittadini Cesi.

J’ai grandi avec (grâce à ?) Bernard Pivot. Chaque vendredi soir, une généreuse dose d’Apostrophes d’abord, de Bouillon de Culture, plus tard.Il me fallait cette ration hebdomadaire pour fortifier mes neurones, mettre en appétit mes envies littéraires, renforcer mes défenses contre l’ennui et le désintérêt du savoir, de la curiosité. De l’autre.

C’est dire que, lorsque j’ai appris que Bernard Pivot était prêt à nous livrer, quatre soirs de suite, au Théâtre du Rond-Point, ses Souvenirs d’un gratteur de têtes, je me suis shampouiné vite fait et j’ai pris le métro.

Du vin, des femmes, des rencontres

Sur scène, il est question de vin, de femmes, de rencontres… Passant du pupitre au fauteuil, Bernard Pivot évoque ses souvenirs personnels et professionnels, s’appuyant sur les mots qu’il aime, sauvant les termes ou expressions tombés dans l’oubli, piochant dans ses ouvrages la trame de son récit.

C’est léger et inventif, trop plein de saveur et de finesse pour que je résume ici pourquoi la libellule forme la symbiose parfaite entre la langue et la nature ; ou pourquoi vous craignez de « vous attarder aux bagatelles de la porte »…

Un brin de nostalgie

« Jeunesse », « vendanges », « vieillir » constituent autant de chapitres d’une vie portée par les mots et la littérature. Bernard Pivot évoque quelques entretiens marquants, livrant de nombreuses anecdotes. Vladimir Nabokov, Georges Simenon, Henri Vincenot, Marguerite Duras et d’autres auteurs sont invités à la soirée.

On parle beaucoup de l’émission Apostrophes, avec un brin de nostalgie. C’est d’ailleurs dans l’authentique fauteuil de l’émission que Bernard Pivot s’installe, le transformant, par la magie du souvenir, en triporteur ou en siège de rédacteur en chef…

Blagues, petites surprises, jeux de mots, confidences : Bernard Pivot se dévoile. Et se révèle bel homme de scène. Cette heure et quart ouverte par Jean-Michel Ribes passe plus vite qu’une conversation entre amis.

Enchantement

Ribes, extraordinaire hôte, explique combien la présence de Bernard Pivot s’intègre au travail mené par le Théâtre du Rond-Point. Il rappelle les « enchantements » passés que nous devons à Pivot, et promet les mêmes pour la soirée.

Le propos est une évidence : Bernard Pivot est un conteur hors pair, complice, rieur, impertinent… C’est sans aucun doute cette évidence qui souffle sur nos cheveux et, aujourd’hui encore, gratouille nos têtes.

Olivier Quelier.

Advertisements
Bernard Pivot : les mots vont-ils manger le gratteur de têtes ?

2 réflexions sur “Bernard Pivot : les mots vont-ils manger le gratteur de têtes ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s