Aude Le Corff : l’importun, c’est l’humain

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Aude Le Corff (photo éditions Stock).

C’est une histoire simple et belle. Une histoire dont     le titre dévoile l’essentiel sans abîmer l’essence. L’Importun (publié chez Stock) est le deuxième roman d’Aude Le Corff.

La narratrice, fatiguée de la vie parisienne, s’installe dans une maison de province proche de la mer avec Damien, son mari, et leurs deux enfants. Une maison que deux sœurs, leur père placé en établissement médicalisé, sont pressées de débarrasser, heureuses d’abandonner à de nouveaux venus.

La jeune femme prend ses marques dans ce lieu où elle pourra écrire son quatrième thriller psychologique. Mais l’ancien propriétaire, vieil homme bourru, fermé, à l’histoire complexe et à l’enfance difficile, a gardé un jeu de clés de la maison qu’il croit encore sienne.

Il vient chaque jour ou presque, ne peut vivre éloigné de son jardin, de ses outils, de ses habitudes. Il ronchonne, bougonne, invective parfois la narratrice dont il n’apprécie pas les aménagements intérieurs, les choix de décoration.

À la cave, elle découvre des livres qui lui font croire au passé de collaborateur du père du vieil homme. La réalité est plus compliquée, et l’histoire familiale du visiteur renvoie la jeune femme à ses propres blessures, à ses secrètes fêlures.

D’importun, le compagnon taciturne est devenu important. Il s’occupe en secret du jardin de Damien, conseille la narratrice. Un jour sans l’entendre tailler les rosiers ou bricoler au sous-sol, elle s’inquiète. Et les jours passent, les années.

Aude Le Corff a la grâce de rendre son livre végétal tant les plantes et les arbres prennent d’importance dans ce roman doux, douloureux. Un roman si riche d’humanité que de ce presque huis-clos naît une histoire universelle, lourde de questions sur le passé et le poids qu’il nous impose au long d’une vie. Léger, surtout, d’un espoir simple et d’une sérénité enfin trouvée.

Olivier Quelier.

L’Importun, d’Aude Le Corff, Stock, 193p. 17,50€.

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