Mieux comprendre les « discours médiatiques » avec la revue TDC

La revue bimestrielle TDC (Textes et documents pour la classe) consacre son numéro de juin aux discours médiatiques. En une soixantaine de pages et une quinzaine d’articles, le magazine s’interroge sur la mise en récit de l’écriture journalistique et explique la transformation de l’actualité du fait des réseaux sociaux et de l’immédiateté de la communication.

N-8641-12420La revue TDC (Textes et documents pour la classe) a le mérite, dans ce riche dossier, de couvrir tout le champ de l’information, de l’emballement médiatique au storytelling, du décryptage des images au journalisme de données et à l’éducation aux médias.

Un pédagogue du réel

L’entretien avec Hervé Brusini, qui dirige depuis 2012 Francetv.info, est très intéressant. Il y rappelle notamment que « le journaliste doit lui-même comprendre où il est. C’est un pédagogue du réel qui donne des éléments d’explication de l’événement qu’il est chargé de rapporter. Le récit – dans les mots employés, dans le montage choisis – est une forme d’explication qui justifie que l’on soit en reportage ».

N-8641-12498-FICHIERVISUELFace aux nouveaux médias et aux réseaux sociaux, poursuit Hervé Brusini, « le journaliste est tombé de son piédestal et doit rendre ds comptes (…). Cela oblige le métier à être meilleur, à redéfinir sa fonction et ses pratiques. Il est contraint à une valeur ajoutée. »

Havas crée la dépêche d’agence

Plusieurs articles reviennent sur l’évolution de la presse et du traitement de l’information. Aurélie Aubert rappelle que la dépêche d’agence est une invention française : « Charles-Louis Havas (1783-1858), ancien homme d’affaires, traducteur et journaliste, comprend le premier que la presse française, trop centrée sur la chronique et le feuilleton, manque d’informations de terrain en provenance d’autres pays. » Dès 1835, il collecte des informations à l’étranger grâce à un réseau de correspondants et au télégraphe naissant..

Le fait divers, Barthes et Foucault.

Le texte que j’ai préféré, par ce qu’il dit des liens entre journalisme et littérature, est consacré aux faits divers. Martine Boyer Weinmann explique de manière précise et actualisée la place privilégiée que la presse et le roman accordent à cette « échangeur entre le familier et le remarquable » comme le qualifiait Michel Foucault qui s’est intéressé, comme Barthes, au sujet. Elle rappelle aussi que l’expression « faits divers » est apparu en 1838 sous la plume de Théophile Gautier.

La revue, parfois pointue, reste très abordable. Son intérêt dépasse largement le cadre de l’enseignement et de la pédagogie. TDC saura toucher un public curieux, novice ou professionnel, d’autant plus large qu’elle fournit une bibliographie riche et pertinente.

Olivier Quelier

TDC n°1104, 1er juin 2016. Canopé éditions. Commander la revue sur le site.

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