James Ellroy : « La littérature et l’imaginaire constituent un refuge »

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James Ellroy en avril 2009 (photo J. Coggins).

Comment est né votre désir d’écrire ? Est-il lié à la mort de votre mère ?

J’avais ce désir bien avant la disparition de ma mère. Il me vient des livres. Très jeune, la lecture de romans était ma seule distraction. Et il me semblait que je n’avais pas besoin de travailler à l’école pour devenir écrivain. J’étais un jeune garçon solitaire dont les seuls amis et les meilleurs moments venaient des livres. (…) C’est mon principal moteur : écrire plus et plus et plus, des livres de plus en plus ambitieux, de plus en plus vastes. Je suis content que ce texte autobiographique soit terminé. Je n’en écrirai plus jamais d’autre. Aujourd’hui, à 60 ans passés, mon ambition est d’écrire des romans meilleurs que les précédents, plus longs, plus importants. Et plus profonds.

Vous écrivez souvent sur l’Histoire. Pourquoi avoir choisi la fiction plutôt que l’essai ?

Parce que ce n’est pas la stricte vérité qui m’intéresse. Je prends les événements historiques et je les réécris selon mes propres critères. Tous ces grands événements ont été vécus et façonnés par une foule d’inconnus. Et qui le resteront. Ce sont eux que je cherche à faire surgir.

Comment procédez-vous ?

D’abord, je mets en scène les personnages historiques. Ils sont incontournables, je les recrée. Et puis il y a les héros ellroyens, les archétypes, le combinard, le flic pourri, l’avocat véreux, le chauffeur comme Don Crutchfield dans Underworld USA. Et tous ces personnages de fiction sont embarqués dans le flot de l’Histoire. J’ai moi-même ce sentiment d’être emporté dans ce raz-de-marée et je joue le rôle d’une sorte d’observateur, de voyeur des événements. Il me faut cependant des années pour que l’Histoire vécue, celle des années 1960 par exemple, se présente à moi dans une forme que je puisse coucher sur le papier. J’ai besoin de recul et d’une longue maturation.

La littérature peut-elle être une consolation ?

Elle me permet de prendre mes distances avec le monde extérieur, elle me pousse à réfléchir, me donne la possibilité de créer mon univers, de refaire l’Histoire, de faire vivre des événements de la vie réelle et d’autres sortis de mon imagination. J’ai une vie intérieure très riche, féconde ; la littérature et l’imaginaire constituent un refuge quand le monde extérieur m’est insupportable.

(in Télérama n°3186, entretien réalisé par Michel Abescat)

L’intégralité de l’entretien est ICI. Le site de James Ellroy ICI.

 

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