François Bégaudeau et l’élection de la première femme à l’Académie française

C’est un élégant petit ouvrage à la couverture soignée et à la mise en page originale. Un livre de 112 pages intitulé L’ancien régime, signé François Bégaudeau, l’un des premiers d’une collection nommée Incipit, lancée par Steinkis Groupe / Editions Prisma.

l_ancien_regime_01L’idée de cette nouvelle série intitulée Incipit ? « Proposer à de grands écrivains de redonner vie à une première fois historique et d’en faire un objet littéraire personnel ». Gonzague Saint Bris, dans Un Ruban de rêve, est revenu sur le premier festival de Cannes tandis qu’Eliette Abécassis évoque le premier bikini dans Deux-pièces.

Marguerite Yourcenar

François Bégaudeau, dans L’ancien régime, raconte l’entrée de la première femme à l’Académie française. Nous sommes le 6 mars 1980. Elle se nomme Marguerite Yourcenar.

Il a fallu aller la chercher, Marguerite, la supplier presque tant elle avait peu à faire de l’Académie et de ses verts (au moins par l’habit) immortels.

Bref, ce fut fait. Après plus de trois siècles d’absence de femme au sein de l’Institut, on allait enfin réussir à promouvoir « une femme de lettres assez talentueuse pour qu’on oublie son sexe, et qu’ainsi son élection paraisse moins une concession à l’époque qu’une évidence artistique ».

Colette reprenant du dessert

l_ancien_regime_06Le ton est donné : François Bégaudeau excelle dans l’exercice en usant d’un ton cinglant et irrévérencieux, plein de fine malice et de forte ironie. L’ouvrage est vite lu, certes, mais vraiment savoureux, comme le prouve l’extrait suivant (pp. 49-50).

« On vit l’Académie Goncourt offrir un couvert à Colette, qui bien sûr en abusa, reprenant du dessert, l’arrosant d’un digestif, parlant. Le quai de Conti devait-il s’arrimer à cette décadence ? Une institution triséculaire allait-elle calquer ses mœurs sur un cénacle né de la dernière pluie ?

La réponse fut un non qui prit la forme de l’élection blanche opposée à la célèbre inconnue Clara Helsey. Laquelle aurait été mal avisée de contester ce zéro pointé. C’était déjà bien que le Coupole ait considéré, non pas certes la possibilité de l’élire, mais le bien-fondé, ou plutôt le mal-fondé, de sa candidature à l’élection. »

Olivier Quelier

NB 1 : François Bégaudeau publie à la rentrée Molécules, aux éditions Verticales.

NB 2 : Philippe Jaenada, Philippe Besson et Nicolas Rey sont les auteurs des trois ouvrages suivants de la collection Incipit, parus en mai dernier.

 

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