Pierrick Bourgault : Calice au pays des merveilles

Coquines, câlines, des nouvelles où cousinent désirs et plaisirs. Première vendange d’un journaliste qui savoure en jouisseur la volupté du vin et le corps des femmes.

damour1-vPierrick Bourgault aime le vin et les femmes. Dit ainsi, on le croirait incarnation banale d’une tentation épicurienne ambiante. Mais ce quinqua à la fougue adolescente a plus de talent que beaucoup, et plus de générosité. D’où son regard bienveillant sur le monde, son empathie jamais dégoulinante qu’une douce ironie vient réguler.

Après quelques ouvrages pratiques et un superbe portfolio sur les bars du monde, Pierrick Bourgault se lance dans la fiction avec ce premier recueil de nouvelles, D’amour et de vins nouveaux, publié aux éditions de l’Iroli.

L’amertume violine

L’idée de l’ouvrage est simple : il n’existe de plus belle aventure, de plus merveilleux voyages que les transports amoureux. Quant au rapport avec le vin, il suffit de se souvenir de ces petits ballons dont « l’amertume violine étreint la gorge, comme à l’instant du désir »…

Pierrick Bourgault nous sert seize textes aux arômes différents, aux bouquets enivrants souvent, jamais soûlants mais toujours dépaysants. Entre deux êtres de passage fusent des désirs, éclosent des relations torrides ou fantasmées, troublantes ou oniriques.

Les femmes, égéries de se voir si belles, en ces histoires, cultivent souvent, dans les jardins secrets de leur vie privée, « des plantes inconnues et vénéneuses ». Insatiables déesses que l’auteur ne cesse d’adorer, d’honorer, apaisant son inextinguible soif à leurs sources généreuses.

Séparer le bon grain de l’ivresse

Chez Bourgault, la chair n’est pas triste et lasse. Il sait, d’une écriture légère et subtile, séparer le bon grain de l’ivresse, cueillant aux vignes de ses multiples vies passées (taxidermiste, programmeur en mécanique céleste, apprenti en pompes funèbres, réparateur d’harmoniums…) les fruits d’aventures dont il connaît, seul, la saveur exacte, l’alchimie secrète de réalité vécue ou rêvée, et de fiction.

Journaliste et photographe indépendant, grand voyageur, Pierrick Bourgault nous promène dans ses univers sensuels. Sa première cuvée est riche de promesses, un vin jeune déjà bien charpenté, qu’il a vendangé en artisan patient et méticuleux, fort d’un savoir-faire certain et d’une vraie philosophie amoureuse : « Je me disais encore que le désir est un passeport pour découvrir le monde, pour les seuls vrais voyages ».

Olivier Quelier

D’amour et de vins nouveaux, éditions L’Iroli, 184 pages, 13€.

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