… et lisez « Élise et Lise » de Philippe Annocque

C’est un petit haut qui fait débat. C’est un jeu de mots. Ce n’est pas qu’un jeu de mots. Il va de toute façon falloir vous y habituer.

Dans le roman de Philippe Annocque (le roman ? Pas de mention de ce genre sur la couverture) Élise et Lise (Quidam éditeur), les mots se jouent des apparences, se jouent des personnages, se jouent du lecteur.

Il les regarde, le lecteur, qui se lisent, s’élisent, s’enlisent, se ridiculisent, se catalysent… Dès les premières lignes ils imposent leur vérité : ils font littérature.

La fenêtre est grande ouverte. Faut-il s’en inquiéter ?

C’est donc par une histoire de vêtement féminin (il y aura plusieurs épisodes dans le livre) que ça commence. Que l’histoire commence. L’histoire entre Élise et celle qui décide de s’appeler Lise. Pour être plus proche de. Plus ressemblante à. Pour être plus Élise, quoi : « Elle était presque elle, et elle, l’autre, l’autre elle, ne le savait pas. »

Entre Élise et elle, Lise, c’est une histoire d’amitié. Une histoire comme un jeu malsain, d’identification, d’exclusion de l’une, Sarah, Sarah l’amie d’Élise d’avant ; d’accaparement de l’autre, Luc, le copain d’Élise. Enfin, d’Élise… Le copain passera, tout le monde passe, avec Lise. Sauf Élise bien sûr. Qu’elle garde près d’elle, au plus près d’elle. Qu’elle garde. Jusqu’à en être elle-même.

La fenêtre est grande ouverte. Faut-il s’en inquiéter ?

Lise est gentille, très gentille. Peut-être tout cela n’est-il pour elle qu’un jeu. Un jeu de rôle pas drôle qui enjôle ou « engeôle ». Ou bien toute cette histoire, Sarah le pressent, elle l’étudiante spécialisée dans les contes (Bettelheim, elle maîtrise, comme les Grimm et Perrault) — cette histoire n’a d’autre raison d’être, pour Lise, que de lutter contre « le cours odieux des choses ». Curieux : « Élise était l’héroïne et c’était d’elle qu’on parlait le moins ».

La fenêtre est grande ouverte. Faut-il s’en inquiéter ?

Avec Élise et Lise, on est dans un « conte sans fées », c’est écrit en page de garde. Un conte moderne plein de vraies idées noires et de faux-semblants. Quand on lit un conte, vous le savez bien, « on lit une histoire et on a l’impression que l’histoire raconte autre chose que ce qu’elle raconte ».

Mais alors, quoi ? La question vous taraude.

Lisez Élise et lise, et lisez Philippe Annocque.

Élisez Annocque !

Olivier Quelier

Élise et Lise, de Philippe Annocque, Quidam éditeur, 136p. 14€.

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… et lisez « Élise et Lise » de Philippe Annocque

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