Asli Erdogan honore « les cris silencieux de toutes les victimes »

Asli Erdogan, journaliste et romancière turque, a été emprisonnée quatre mois pour avoir critiqué le gouvernement de son pays. Elle est maintenant sous contrôle judiciaire jusqu’à la tenue de son procès, en juin. Le 9 mai, à Amsterdam, elle a obtenu le prix Princess Margriet Award for Culture 2017, qui vise « à renforcer la cohésion sociale par la culture ». Elle a dédié cette récompense aux « cris silencieux de toutes les victimes ». Quelques jours plus tôt, Asli Erdogan accordait un long entretien au Monde. Elle évoque avec force et émotion comment elle est « entrée en littérature ». Extrait.

« Et puis les sujets m’ont happée les uns après les autres. Tant de tragédies ! Comment pourrions-nous les taire ? Il faut faire entendre la voix des victimes. Il faut trouver les mots et les procédés littéraires les plus à même de toucher les lecteurs qui n’ont pas envie d’être confrontés au drame ou à la violence.

Il faut ! Il faut ! Le langage journalistique n’est pas suffisant. Le recours à l’art et à la littérature est indispensable. J’ai travaillé comme une dingue. Je vérifiais mille fois chaque chose. (…)

Mais qu’on n’exige pas de moi une objectivité qui consisterait à mettre sur le même plan la victime et son bourreau. Ce serait une honte ! Quand on observe un homme battre une femme, l’objectivité consiste à soutenir la femme. »

 

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