Faits divers : « Sous ces deux mots très élastiques… »

Le fait divers est une valeur sûre de la presse et reste indissociable de son essor. Divers ouvrages en attestent.

Citons notamment le Dictionnaire amoureux des faits divers, de Didier Decoin, chez Plon ; dans un registre plus fictionnel, Petit éloge des faits divers, de Didier Daeninckx (Folio) et surtout le passionnant essai de Mara Goyet, Sous le charme du fait divers, publié chez Stock.

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Dans son numéro de juin consacré aux Discours médiatiques, la revue TDC consacre un article aux faits divers, intitulé Figurer l’innommable. On y apprend notamment que c’est sous la plume de l’écrivain Théophile Gautier que la formule « fait divers » est apparue pour la première fois en 1838.

L’article débute par un étonnant extrait du Grand Larousse universel du XIXe siècle que je reprends ci-dessous.

Fais dix vers

« Faits divers :

Sous ces deux mots très élastiques

Tout journal régulièrement

Sert chaque jour à ses pratiques

De canard plus ou moins étique

Un copieux assortiment ;

Pour moi, laissant dans mon pupitre

Meurtres, vols, accidents, méfaits,

Puissé-je passer pour un pitre

Je calembourde et quand le titre

Dit : fais dix vers, crac, je les fais.

Faits divers, in Grand Larousse universel du XIXe siècle.

(Texte extrait de l’article Figurer l’innommable, publié dans le n°1104 de la revue TDC, dont vous pouvez trouver ma chronique ICI.

Olivier Quelier.

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Faits divers : « Sous ces deux mots très élastiques… »

Françoise G. et la coquille du New York Times

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Françoise Giroud. (© Yavel/Sipa)

« Les erreurs… j’ai écrit un jour un article pour le New York Times, qui passe pour le meilleur journal du monde. J’ai reçu trois coups de téléphone pour me demander de confirmer que tel chiffre était bien exact, que telle date avait bien été vérifiée, que tel prénom s’accordait bien à tel nom…

J’étais éblouie. Voilà, me dis-je, des gens sérieux.

Le journal est sorti. Mon nom y était écrit avec un x. Ils étaient penauds à New York ».

Françoise Giroud, in Leçons particulières, éditions Fayard.

Françoise G. et la coquille du New York Times

Que faire d’un article sans queue ni tête ? [bédé]

Édika est un génie de la BD. Un génie foutraque, barré, obsédé, facile parfois mais inventif toujours et toujours hilarant.

Édika a créé des personnages aussi immortels (enfin presque, si si !)  que le chat Clark Gaybeul ou son double dessinateur Bronski, toujours en galère de chute, sous le regard mi-critique mi-compatissant de son fils Nini.

CjjsNQCXAAE8BZCDans le numéro de Fluide Glacial de mai 2016,  Bronski étant occupé à honorer Madame, le personnage doit se saisir du crayon pour faire lui-même avancer le scénario. Résultat : une histoire qui part en quenouille et un lecteur de Fluide mécontent, qui sait où s’adresser…

Si un tel service existait dans notre réalité, il risquerait d’être débordé à longueur de journée… Bonne idée, en attendant la chute.

Olivier Quelier

(Merci à @monsieurkaplan pour sa lecture commentée de Fluide Glacial, à l’origine de cet article).

Que faire d’un article sans queue ni tête ? [bédé]

Pourquoi ne s’informe-t-on plus ? Une réponse en dessin

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Une raison pour arrêter de s’informer, de regarder la télévision, d’acheter journaux et magazines ? C’est en tout cas ce que propose le dessinateur du New Yorker David Sipress.

(traduction : j’ai dû arrêter de regarder les informations, elles rendaient insignifiants mes propres problèmes).

Pourquoi ne s’informe-t-on plus ? Une réponse en dessin

Poème : quand Jean Tardieu prend ses outils d’artisan

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Je lis Jean Tardieu depuis longtemps. J’aime son travail – son jeu – sur la langue. Et je me replonge régulièrement dans Monsieur Monsieur, Un Mot pour un autre ou, bien sûr, La Comédie du langage. Et voilà qu’au gré de quelque recherche, je tombe sur ce poème tiré de FormeriesLes mots, outils d’un artisan comme Tardieu, méritent d’être partagés !

Outils posés sur une table 

Mes outils d’artisan
sont vieux comme le monde
vous les connaissez
je les prends devant vous :
verbes adverbes participes
pronoms substantifs adjectifs.
Ils ont su ils savent toujours
peser sur les choses
sur les volontés
éloigner ou rapprocher
réunir séparer
fondre ce qui est pour qu’en transparence
dans cette épaisseur
soient espérés ou redoutés
ce qui n’est pas, ce qui n’est pas encore,
ce qui est tout, ce qui n’est rien,
ce qui n’est plus.Je les pose sur la table
ils parlent tout seuls je m’en vais.

Jean Tardieu, « Poèmes pour la main droite », Formeries.

Poème : quand Jean Tardieu prend ses outils d’artisan

Grégoire Delacourt n’aime pas les adverbes (et il a raison !)

« Mon métier de concepteur-rédacteur dans la pub m’a appris à me méfier du gras, des mots inutiles, des adverbes ; de toute façon, il n’y a pas la place pour ça sur une affiche, ou dans un vingt secondes à la télé. J’aime cette écriture précise directe. »

Grégoire Delacourt.

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(Interview parue dans Carrefour Savoirs)

Grégoire Delacourt n’aime pas les adverbes (et il a raison !)