Lobo Antunes : « Ecrire, travailler, corriger, et encore corriger. Je ne fais que cela. »

« Quand j’entends dire que la souffrance confère une certaine densité à l’écriture, je ne suis pas d’accord. Ce n’est pas vrai, pas plus que l’idée qu’il faudrait écrire dans la joie. Il n’y a de vérité que dans le travail : écrire, travailler, corriger, et encore corriger. Je ne fais que cela. » António Lobo Antunes

 

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Lobo Antunes : « Ecrire, travailler, corriger, et encore corriger. Je ne fais que cela. »

Les 6 règles d’écriture de John Grisham

Je réponds à un cahier des charges très précis, composé de choses « à faire » et « à ne pas faire » :

  1. Ne jamais écrire la première scène tant que vous ne connaissez pas la dernière.
  2. Rédiger toujours au moins une page par jour.
  3. Travailler toujours au même endroit, à la même heure, quels que soient les paramètres extérieurs.
  4. Ne jamais faire de prologue et commencer au chapitre 1.
  5. Lire chaque phrase à haute voix et supprimer tous les mots superflus.
  6. Ne pas chercher à utiliser des mots compliqués pour impressionner les lecteurs.

(Tiré d’un entretien publié dans le magazine Lire).

Photo tirée du site jgrisham.com

John Grisham est un auteur de thrillers judiciaires de renommée mondiale. Il a signé notamment L’idéaliste, Le couloir de la mort, Non coupable et, parmi ses livres les plus connus, Le client et La firme.

Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma. En France, les éditions Jean-Claude Lattès ont publié en 2018 Le cas Fitzgerald.

 

Les 6 règles d’écriture de John Grisham

Ken Atchity : « Ne confondez pas l’écriture avec la réécriture »

« Ne confondez pas l’écriture avec la réécriture. Si vous essayez de faire les deux en même temps, vous vous saboterez. La réécriture est ce que vous commencez à faire lorsque vous avez terminé votre première ébauche. Bonne chance à vous tous. »

Ken Atchity

Producteur, Kenneth Atchity est également auteur, notamment de guides de storytelling et d’écriture (A Writer’s Time : A Guide to the Creative Process, from Vision through Revision). Son site est à découvrir ICI.

 

Ken Atchity : « Ne confondez pas l’écriture avec la réécriture »

Faulkner : « Si je pouvais récrire mon œuvre… »

« Si je pouvais récrire toute mon œuvre, je suis persuadé que je ferais bien mieux, ce qui est l’état d’esprit le plus sain pour un artiste. C’est pour cela qu’il continue à travailler, à essayer encore ; il croit chaque fois qu’il va y arriver, qu’il va réussir.

Bien entendu, ce ne sera pas le cas, c’est pour cela que c’est un état d’esprit sain.

S’il réussissait, s’il parvenait à faire coïncider l’œuvre et l’image, le rêve, il ne lui resterait rien d’autre à faire que se trancher la gorge, sauter de l’autre côté de ce pinacle de perfection vers le suicide. »

Extrait d’un entretien à la Paris Review de 1956, repris ICI

Faulkner : « Si je pouvais récrire mon œuvre… »

Marie NDiaye : « J’ai appris à ne plus avoir peur de la simplicité »

« Mes premiers livres en témoignent, je prenais plaisir à montrer ce dont j’étais littérairement capable. Notamment de faire des phrases très longues et architecturées, voire d’écrire un roman composé d’une seule phrase (Comédie classique, 1987). Il s’agissait d’enfantillages ; j’étais tellement jeune alors, j’avais 20, 30 ans — j’ai passé l’âge depuis longtemps. Avec les années et les livres, j’ai appris à ne plus avoir peur de la simplicité. »

Marie NDiaye (extrait d’une interview 28/09/2016).

Marie NDiaye : « J’ai appris à ne plus avoir peur de la simplicité »

Tom Wolfe : « Mon écriture s’appuie sur le reportage »

« Mon écriture s’appuie sur le reportage. Trop d’auteurs ne comprennent pas qu’il faut sortir de chez soi.

Installés dans leur bureau, ils écrivent aussi vite qu’ils le peuvent des choses issues de leur tête. Ils se contentent — ce qui est plus facile — d’adopter une position morale. À croire qu’ils ne s’intéressent pas à ce qui se passe autour d’eux.

Ça donne ces interminables romans psychologiques écrits par des jeunes gens formés dans des cours de creative writing. Ils ne parlent que de la classe moyenne (ce qui n’est pas la même chose que la bourgeoisie), jamais de la classe ouvrière, du type qui vous sert des pancakes, de sa vie, de ses problèmes.

On a dit que j’avais inventé le new journalism — le terme n’est pas de moi ; c’est vrai que cette appellation renvoie à un certain nombre de techniques que je partage : écrire scène par scène, utiliser les dialogues pour permettre au lecteur de pénétrer dans un livre. Il faut aussi noter — et Balzac excellait dans cet exercice — ce que j’appelle les « détails de statut », c’est-à-dire la manière de s’exprimer des gens, leurs mots, leurs tournures de phrase, la description du lieu qu’ils habitent : tout cela est révélateur de leur vraie personnalité, pas de celle qu’ils veulent offrir au monde.

Il faut, enfin, se mettre dans la tête des personnages, rapporter leur monologue intérieur, décrire le monde tel qu’ils le voient, pas comme vous vous le voyez. »

(Extrait d’un entretien accordé au Nouveau Magazine littéraire).

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Svetlana Alexievitch : « Je suis une « femme-oreille »

Dans son discours prononcé lors de la remise du prix Nobel de littérature, en 2015, Svetlana Alexievitch insistait sur l’importance qu’elle accorde aux mots des rues.

« Flaubert a dit de lui-même qu’il était un « homme-plume ». Moi, je peux dire que je suis une « femme-oreille ». Quand je marche dans la rue et que je surprends des mots, des phrases, des exclamations, je me dis toujours : combien de roman qui disparaissent sans laisser de traces ! Qui disparaissent dans le temps. Dans les ténèbres.

Il y a toute une partie de la vie humaine, celle des conversations, que nous n’arrivons pas à conquérir pour la littérature. Nous ne l’avons pas encore appréciée à sa juste valeur, elle ne nous étonne pas, ne nous passionne pas. Moi, elle m’a envoûtée, elle a fait de moi sa prisonnière. J’aime la façon dont parle les gens… J’aime les voix humaines solitaires. C’est ce que j’aime le plus, c’est ma passion. »

Svetlana Alexievitch : « Je suis une « femme-oreille »