Jean Echenoz : « Je réimprime et je recommence »

Dans un entretien récent, Jean Echenoz donne quelques clefs sur sa manière d’écrire et revient sur les « versions successives » de ses textes.

Jean Echenoz.

« J’imprime une version. Puis, si j’ai des choses à modifier, je retape tout à partir du papier. Ce qui fait qu’il y a dans la machine les différentes versions successives. Corriger sur écran donne beaucoup moins de liberté que de reprendre. Même si on a l’impression qu’une phrase est bien, c’est mieux de la recopier pour s’en assurer (…). Et après je réimprime et je recommence.

L’intégralité de l’entretien est à lire ICI.

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Jean Echenoz : « Je réimprime et je recommence »

Elizabeth Strout : le lecteur à l’intérieur

« Les phrases de ce livre ont l’air toutes simples, mais elles représentent des années de travail. Il faut du temps pour ne garder que l’essentiel. Si vous dites tout, le lecteur reste à distance, or je le veux à l’intérieur. »

 

Elizabeth Strout, née en 1956, est une romancière américaine. Elle a écrit cinq livres et a reçu le prix Pulitzer en 2009 pour Olive Kitteridge.

Un entretien avec Elizabeth Strout est à lire ICI.

 

Elizabeth Strout : le lecteur à l’intérieur

Yves Bichet : « « Ecrire des romans (…) cela ne protège pas de grand-chose…

Dans un article paru dans Libération, Yves Bichet aborde l’écriture et son travail d’écrivain, qu’il qualifie d’artisanal.

« Ecrire des romans, c’est concevoir des destinées, accueillir des personnages, ouvrir certaines portes, alimenter des rêves, poser des questions sans réponse mais, au fond, cela ne protège pas de grand-chose… Un journal, dans un sens, abrite mieux. Il protège du cynisme, de l’ignorance et d’une forme de rage latente, tapie au plus profond, qui aveugle et dépite même les plus lucides.

Je suis un artisan, donc un homme d’outils. Je ne comprends rien aux proclamations de ceux qui découvrent l’outil. Les nouvelles techniques de communication créent un monde aux potentialités fabuleuses mais résolument outrées, un monde qui n’en finit pas de contempler son propre renouveau, comme si la perceuse, le perforateur ou le marteau-piqueur, sous prétexte qu’ils sont rapides et efficaces, qu’ils remisent le marteau aux oubliettes, méritaient à présent un véritable culte. Une vénération. Les artisans (les écrivains aussi, je l’espère) n’ont de vénération que pour le travail, jamais pour les outils du travail… »

Le texte complet est ICI.

Yves Bichet : « « Ecrire des romans (…) cela ne protège pas de grand-chose…

Stephen King, maître d’écriture

Ce qu’il y a de bien avec Stephen King, en plus de la lecture de ses romans, rarement décevants et toujours assez profonds pour titiller nos peurs ou nos questionnements les plus enfouis ;  en plus, aussi, des univers qu’il sait créer comme peu d’autres et des personnages inoubliables qu’il invente ; en plus, enfin, de cet art de nous choper avec douceur et fermeté et nous planter devant une situation folle que l’on accepte sans sourciller (une voiture mangeuse d’humains, un dôme transparent emprisonnant une ville…) — en plus de son génie, oui, ou avec la générosité de nous le faire partager, King n’hésite jamais à donner ses techniques de romancier et ses trucs d’écriture.

Le bazar des mauvais rêves (Albin Michel) est un recueil de vingt nouvelles, inédites ou réécrites des années après leur première publication. Avant chacune d’elle, King nous livre quelques éléments sur leur écriture. Et l’écriture. Morceaux choisis.

Stephen King at his home in Maine, US. Photograph : Steve Schofield for the Guardian.

Chaque journée passée à écrire…

Quand il s’agit d’écrire de la fiction, longue ou courte, la courbe d’apprentissage ne s’interrompt jamais. Je suis peut-être un Ecrivain Professionnel aux yeux du fisc, lorsque je remplis ma déclaration d’impôts, mais d’un point de vue créatif, je suis toujours un amateur, je continue d’apprendre mon métier. Nous le sommes tous. Chaque journée passée à écrire est une expérience éducative et une bataille pour se renouveler. La facilité n’est pas permise. On ne peut pas agrandir son talent — il est livré d’origine — mais on peut lui éviter de rétrécir. C’est du moins ce que j’aime à penser.

Quand on parle de ce procédé qu’on nomme écriture créative…

Parfois, une histoire arrive entière — terminée. En général, cependant, elles me viennent en deux parties : d’abord la tasse, puis l’anse. Et parce que l’anse peut ne pas se pointer avant des semaines, des mois, voire des années, j’ai une petite boîte dans un coin de mon esprit rempli de tasses inachevées, chacune d’elles protégée par cet emballage mental unique que l’on appelle la mémoire. Quelle que soit la beauté de la tasse, on ne peut pas partir à la recherche d’une anse : on doit attendre qu’elle apparaisse. Je me rends compte que la métaphore est plutôt minable, mais quand on parle de ce procédé qu’on nomme écriture créative, elles le sont quasiment toutes. J’ai écrit de la fiction toute ma vie, et pourtant je n’ai toujours pas pleinement saisi le mécanisme de la chose.

Un nouveau coup de polissoir

Certaines de ces nouvelles ont déjà fait l’objet d’une publication, mais cela ne signifie pas qu’elles étaient achevées pour autant, ni même qu’elles le sont maintenant. Jusqu’à la retraite ou la mort d’un écrivain, son travail n’est pas terminé : il peut toujours recevoir un nouveau coup de polissoir et quelques révisions supplémentaires.

Stephen King, maître d’écriture

Anna Gavalda : « L’écriture, c’est comme la boucherie-charcuterie… »

Tout le monde peut-il devenir écrivain ?

Non, et c’est injuste sans doute mais l’écriture, c’est comme la boucherie-charcuterie, ça ne s’improvise pas. C’est un don merveilleux de savoir dire et écrire les choses, de trouver les mots justes, ceux qui peuvent vous sortir de n’importe quelle situation par un petit entrechat élégant, mais ça reste un don, hélas… notez, c’est aussi une malédiction quelquefois…

Anna Gavalda interview dans Lire, octobre 2013

Anna Gavalda : « L’écriture, c’est comme la boucherie-charcuterie… »

Tom Wolfe : « La ponctuation, c’est la vie ! »

Hein ? Quoi ? ‘Tain, non ! J’suis pas d’accord. Pas d’acc, quoi ! J’aime pas trop ça, l’exaltation de la ponctuation. Suis pas le seul. Elmore Leonard disait des points d’exclamation : « Vous êtes autorisé à en utiliser deux ou trois tous les 100 000 mots.  »

Pigé ? ‘Fin, pour être honnête il ajoutait juste après, Elmore : « Sauf si vous avez le don de les employer comme Tom Wolfe, alors ne vous gênez pas. »

Okay d’acc’, okay. Qu’est-ce qu’y dit donc, Tommy — on l’appelle Tommy, le pape du nouveau journalisme ? Sais pas. S’en fout. Il dit ça, Tom Wolfe.

« Les ellipses, les points, les points de suspension, d’exclamation, c’est la façon dont pensent les gens. Il y a des trous dans leur pensée. c J’insiste : cette façon de faire, c’est la bonne façon d’écrire ! […] Allez ! Mettez des points partout. La ponctuation, c’est la vie ! »

(extrait d’une interview publiée dans Lire, mai 2013).

A lire aussi :

Les dix conseils d’écriture d’Elmore Leonard.

Tom Wolfe : « Sors ! ».

Tom Wolfe : « La ponctuation, c’est la vie ! »