Comment travaille… Philippe Vilain ?

J’apprécie beaucoup cet auteur. Philippe Vilain est un écrivain que je suis depuis longtemps. En août 2017, il publie son nouveau roman, « La fille à la voiture rouge ».

L'art d'écrire...

Cette semaine, c’est Philippe Vilain qui a répondu à mes questions. Auteur de l’essai « La Littérature sans idéal » (2016, Grasset), dans lequel il s’interroge sur la littérature contemporaine, il a écrit une vingtaine de livres.

De son premier roman, « L’Étreinte », en 1997 (chez Gallimard) à « La Fille à la voiture rouge » (2017, chez Grasset), Philippe Vilain a beaucoup écrit sur le sentiment amoureux, dans ses diverses facettes. Il y eut par exemple « Le Renoncement » (2001, Gallimard), « Paris l’après-midi » (2006, Grasset), « Faux-père » (2008, Grasset), ou encore « La Femme infidèle » (2013, Grasset).

Le grand public connaît peut-être mieux « Pas son genre » (2011, Grasset), adapté au cinéma par Lucas Belvaux, avec Emilie Dequenne. Une histoire d’amour entre une coiffeuse du Nord et un prof de philosophie parisien, compliquée par les différences sociales et culturelles…

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Comment travaille… Philippe Vilain ?

Peter Handke et tous ces « pingouins » qui se réfugient dans l’inécriture…

En 2014, Peter Handke s’entretenait avec Alain Veinstein dans l’émission Du jour au lendemain. Quelques propos, d’où est tiré l’extrait ci-dessus, ont été repris par le site Oeuvres Ouvertes. L’intégralité de l’article est à lire ICI.

Peter Handke et tous ces « pingouins » qui se réfugient dans l’inécriture…

« Les mots dits » du Projet verbal

À l’heure du numérique, des réseaux sociaux, des blogs et des sites participatifs tels que Medium ou Wattpad, peut-on continuer d’ignorer les textes évolutifs, « interminés » et interminables parce que collaboratifs parfois, souvent réécrits à l’envi — à l’infini — par leur auteur ou leurs auteurs, moins par souci d’embellissement ou d’amélioration (à quelle aune ? sous quel dogme ? avec quelle légitimité ? dans quelle but ?) que pour continuer d’essorer le texte, d’en extraire sinon tout, du moins au maximum, le potentiel ?

Avec Projet verbal, j’ai lancé un texte qui mue au gré de mes ajouts, de mes modifications, au gré aussi des apports des uns et des autres. Je mettrai bientôt en ligne une version contributive.

À ma proposition, Vincent Daumail, éditeur ami et fidèle lecteur (et relecteur) du blog GrandeurSRvitude, a préféré la rédaction d’un texte autonome, inspiré du premier, mais très personnel. Je le partage ici avec un grand plaisir.

Olivier Quelier

Les mots dits

Dis, tu me diras les mots ?

Tu me diras les mots, dis ?

Ceux que l’on murmure

Et ceux que l’on hurle

Qu’on grave sur les murs

Ou vomit en cellule

Mot de roi, roi des mots, et le commun des mots

Mot humble par excellence, celui de tous les jours

Mot de rien, croque-mot, celui de tous les maux

De ceux qu’on n’oublie pas, qui riment avec toujours

Et les mots arc-en-ciel aussi ?

Ce sont les mots de la situation…

Du bleu, pour les yeux de la belle

L’enseigne, les néons ou la célèbre note

Jusques au rouge, pour les rouges du soleil

La marge de l’instit ou bien les amours mortes

Enlacés pour l’éternité, sur l’écorce d’un arbre

Pour être dépouillés dans un bureau de vote

Avec obstination, gravés dedans le marbre

Ou simplement tagués, sur un mur, une porte

Motus, mots tus, dits à demi, croisés, fléchés…

Je vous veux tous, pas question de choisir !

Léchés, brillants, polis, pas l’ombre d’une faute

Éclats ronéotypes, électrochocs de lutte

Ruses de coin de page, volige de litote

Ambigus, secoués, vertige d’anacoluthe

Des petits et des grands – et ma foi tout de suite !

Des gros et des finauds, des incompréhensibles

Ânonnés, bredouillés, un lendemain de cuite

Savoureux billets doux, pour les âmes sensibles

Mots d’ouverture, mots qu’il faut, toujours,

Vous aurez le dernier mot, le mot de ma fin…

Vincent Daumail, 21 février 2017

 

 

 

« Les mots dits » du Projet verbal

Pratiquer l’utopie grâce aux ateliers d’écriture

Qu’est-ce qu’un atelier d’écriture ? Un endroit où l’on vient écrire, bien sûr. Un endroit, aussi, où l’on prend conscience de ce que l’on écrit ; où l’on prend conscience que l’on écrit. Avant tout, peut-être, sans doute, en tout cas faut-il le construire, le mener, l’animer ainsi, un endroit où l’on prend conscience.

« Chaque fois que nous mettons modestement en place cette sorte de microsociété qu’est l’atelier, chaque fois qu’au cœur d’une société si souvent injuste et inégalitaire nous prenons appui sur la coopération dans les pratiques de création, et ce par des actes très simples, nous sommes dans la filiation de cette pensée de la paix. Nous le sommes lorsque nous imaginons que ce qui se passe ici et maintenant dans l’atelier pourrait aussi jouer dans d’autres lieux de la cité, pourrait essaimer et configurer autrement le « vivre ensemble ». Les ateliers d’écriture ne sont donc ni des paradis perdus, ni des phalanstères, encore moins la résurgence de ces cités mythiques du bonheur programmé. Prendre appui sur la dimension « d’imagination constituante » et d’invention libre propre à toute atelier, faire l’hypothèse qu’à travers ce qui adviendra, de nouveaux jalons seront posés, de nouvelles exigences seront formulées, voilà notre manière à nous de pratiquer l’utopie. »

Odette et Michel Neumayer

(Animer un atelier d’écriture – Faire de l’écriture un bien partagé, ESF éditeur, 2011)

Pratiquer l’utopie grâce aux ateliers d’écriture

Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Il n’existe pas de police qui se jugerait compétente dans les questions littéraires. Je suis d’accord sur le fait que la muselière et le bâton sont indispensables, car des escrocs arrivent aussi à se faufiler dans la littérature, mais vous aurez beau réfléchir, vous ne trouverez pas pour la littérature de meilleure police que la critique et la propre conscience des auteurs.

Anton Tchekhov, Conseils à un écrivain, éditions du Rocher, 2004

Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Mini-série tragi-comique en trois volets.

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Reporters sans frontières le rappelle tous les jours

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]