Pratiquer l’utopie grâce aux ateliers d’écriture

Qu’est-ce qu’un atelier d’écriture ? Un endroit où l’on vient écrire, bien sûr. Un endroit, aussi, où l’on prend conscience de ce que l’on écrit ; où l’on prend conscience que l’on écrit. Avant tout, peut-être, sans doute, en tout cas faut-il le construire, le mener, l’animer ainsi, un endroit où l’on prend conscience.

« Chaque fois que nous mettons modestement en place cette sorte de microsociété qu’est l’atelier, chaque fois qu’au cœur d’une société si souvent injuste et inégalitaire nous prenons appui sur la coopération dans les pratiques de création, et ce par des actes très simples, nous sommes dans la filiation de cette pensée de la paix. Nous le sommes lorsque nous imaginons que ce qui se passe ici et maintenant dans l’atelier pourrait aussi jouer dans d’autres lieux de la cité, pourrait essaimer et configurer autrement le « vivre ensemble ». Les ateliers d’écriture ne sont donc ni des paradis perdus, ni des phalanstères, encore moins la résurgence de ces cités mythiques du bonheur programmé. Prendre appui sur la dimension « d’imagination constituante » et d’invention libre propre à toute atelier, faire l’hypothèse qu’à travers ce qui adviendra, de nouveaux jalons seront posés, de nouvelles exigences seront formulées, voilà notre manière à nous de pratiquer l’utopie. »

Odette et Michel Neumayer

(Animer un atelier d’écriture – Faire de l’écriture un bien partagé, ESF éditeur, 2011)

Pratiquer l’utopie grâce aux ateliers d’écriture

Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Il n’existe pas de police qui se jugerait compétente dans les questions littéraires. Je suis d’accord sur le fait que la muselière et le bâton sont indispensables, car des escrocs arrivent aussi à se faufiler dans la littérature, mais vous aurez beau réfléchir, vous ne trouverez pas pour la littérature de meilleure police que la critique et la propre conscience des auteurs.

Anton Tchekhov, Conseils à un écrivain, éditions du Rocher, 2004

Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Mini-série tragi-comique en trois volets.

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Reporters sans frontières le rappelle tous les jours

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]

Tristan Tzara : recycler le journal en poème

Pour faire un poème dadaïste

Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite chacun des mots qui forment cet article et mettez-le dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Tristan Tzara (1896-1963) est l’auteur des Sept manifestes Dada. On lui doit ce poème, bien dans l’esprit du mouvement dada, œuvre en soi autant qu’œuvre à créer.

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Tristan Tzara : recycler le journal en poème

Gay Talese et le Nouveau Journalisme : le « courant fictif sous la réalité »

Gay Talese est, avec Tom Wolfe, l’un des pères fondateurs du Nouveau journalisme.
Vient de paraître, du premier, aux éditions du Sous-Sol, Le Motel du voyageur ; du second,  chez Robert Laffont, un recueil de ses articles des années 1960 intitulé Où est votre stylo ? Chroniques d’Amérique et d’ailleurs.

À signaler aussi le numéro 18 de Feuilleton, fêtant les cinq ans de la revue d’Adrien Bosc.  Pour la littérature du réel est une somme et un hommage rendu aux représentants d’hier et d’aujourd’hui (Carrère, Jablonka, Saviano…) du Nouveau Journalisme.

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A lire aussi :

Le conseil de Tom Wolfe au jeune journaliste.

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