Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Il n’existe pas de police qui se jugerait compétente dans les questions littéraires. Je suis d’accord sur le fait que la muselière et le bâton sont indispensables, car des escrocs arrivent aussi à se faufiler dans la littérature, mais vous aurez beau réfléchir, vous ne trouverez pas pour la littérature de meilleure police que la critique et la propre conscience des auteurs.

Anton Tchekhov, Conseils à un écrivain, éditions du Rocher, 2004

Tchekhov, la « propre conscience des auteurs »

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Mini-série tragi-comique en trois volets.

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Reporters sans frontières le rappelle tous les jours

Quand je serai grand(e) je serai journaliste [1]

Tristan Tzara : recycler le journal en poème

Pour faire un poème dadaïste

Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite chacun des mots qui forment cet article et mettez-le dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Tristan Tzara (1896-1963) est l’auteur des Sept manifestes Dada. On lui doit ce poème, bien dans l’esprit du mouvement dada, œuvre en soi autant qu’œuvre à créer.

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Tristan Tzara : recycler le journal en poème

Gay Talese et le Nouveau Journalisme : le « courant fictif sous la réalité »

Gay Talese est, avec Tom Wolfe, l’un des pères fondateurs du Nouveau journalisme.
Vient de paraître, du premier, aux éditions du Sous-Sol, Le Motel du voyageur ; du second,  chez Robert Laffont, un recueil de ses articles des années 1960 intitulé Où est votre stylo ? Chroniques d’Amérique et d’ailleurs.

À signaler aussi le numéro 18 de Feuilleton, fêtant les cinq ans de la revue d’Adrien Bosc.  Pour la littérature du réel est une somme et un hommage rendu aux représentants d’hier et d’aujourd’hui (Carrère, Jablonka, Saviano…) du Nouveau Journalisme.

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A lire aussi :

Le conseil de Tom Wolfe au jeune journaliste.

Gay Talese et le Nouveau Journalisme : le « courant fictif sous la réalité »

Pierre Michon : « La désinformation littéraire est à peu près absolue »

ppm_medias__image__2016__9782226328861-xLa désinformation littéraire est à peu près absolue (pas tout à fait cependant : dans le domaine des arts comme dans les autres, la désinformation massive doit véhiculer aussi un minimum d’information authentique pour donner l’illusion du vrai et continuer sa vilaine besogne en toute quiétude ; aussi de temps en temps les médias se livrent-ils à leurs monstrueuses incantations autour d’une œuvre proprement littéraire, et non pas autour d’un pseudo-livre, fragment de l’universel reportage dont parlait Mallarmé — ceci dans la proportion d’un livre pour mille, ou pour dix mille, qui peut savoir ?). Mais en fut-il jamais autrement, et est-il même souhaitable qu’il en soit autrement ? La littérature a besoin du secret, de la patience, des infimes stratégies de la table de travail. La vie et le milieu littéraires, par quoi il faut bien passer aussi, n’en sont que l’écume, la tactique de vente, le service de presse.
Pierre Michon

Pierre Michon : « La désinformation littéraire est à peu près absolue »