« Une langue se boit et se parle… »

« Une langue se boit et se parle, et un jour elle vous possède ;

alors, elle prend l’habitude de saisir les choses à votre place,

elle s’empare de la bouche comme le fait le couple

dans le baiser vorace ».

 

Meursault, contre-enquête, de Kamel Daoud, Actes Sud.

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« Une langue se boit et se parle… »

Henri Brunel : le haïku, une école de lucidité

Haïku : petit poème japonais constitué d’un verset de dix-sept syllabes…

Derrière l’aride définition du Petit Larousse se cachent un univers, un art et une culture qu’Henri Brunel tente de nous faire découvrir dans un élégant petit ouvrage.

Soyons franc : ce n’est pas en soixante pages que le lecteur pourra s’approprier cette technique ancestrale. Mais Brunel a le mérite de proposer une initiation simple, illustrant son propos de nombreux exemples.

Qu’est-ce vraiment qu’un haïku ? Un court poème évoquant une humble réalité ? Pas seulement…

Le haïku est un diamant qui recèle une étrange vertu : « Il nous invite à mieux regarder. Il déchire le voile qui nous sépare à l’ordinaire de la réalité nue (…). Il est l’occasion d’une aventure intérieure, d’une nouvelle vision du monde ».

Instituteur bienveillant

D’une prose modeste et poétique, Henri Brunel évoque le poème classique japonais et son « adaptation » française. Le haïku gaulois a conservé de son modèle la brièveté, la composition en trois lignes, un mot de saison (le « kigo », le premier vers qui situe l’action), un thème emprunté à la vie quotidienne et, souvent, l’humour. La forme est plus variée, plus souple. Rien de plus normal puisqu’elle doit, par nature, s’effacer derrière le propos.

Henri Brunel est l’instituteur bienveillant de cette « école de lucidité » qu’est le haïku. Il nous ouvre avec simplicité les portes d’un univers complexe, nous invitant à devenir « une conscience éveillée ».

Olivier Quelier.

Henri Brunel, Le haïku, éditions du Petit Pavé.

« Travail de nudité »

« Le haïku est simplicité, légèreté, mise à nu de l’essentiel. […] Un haïku, c’est la chance offerte de tout deviner, de tout comprendre, de tout aimer, en un éclair de trois vers. »

« L’auteur de haïku doit renoncer le plus souvent aux adjectifs, et toujours aux métaphores, aux « violons de l’automne », aux flamboiements, à la colère, au romantisme, à la nostalgie complaisante. Travail de nudité. Il doit saisir avec force l’image, rassembler dans sa main le présent tout entier, et laisser place au silence. »

Henri Brunel, Les plus beaux contes Zen / L’art des haïkus.

Henri Brunel : le haïku, une école de lucidité

De la transparence de l’écriture…

« L’écriture c’est comme la vie, au début on brode autour, quand on avance on élague, et à la fin on ne garde que l’essentiel ».
Un beau texte personnel sur l’écriture, par une amie poétesse.

Josette Hersent - Poésies et Photos ©

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 » Ah ! comme elles ont passé rapidement les années ensoleillées de ma petite enfance, mais quelle douce empreinte elles ont laissée à mon âme ! »

 » Pourquoi parler d’une joie délirante, non cette expression n’est pas juste, c’est plutôt la paix calme et sereine du navigateur apercevant le phare qui doit le conduire au port… »

« Histoire d’une âme » Sainte Thérèse de l’enfant Jésus.

Quoi de plus beau qu’un texte qui vient du cœur, qui en contient la musique et la poésie. Cette pureté de ton, qui transcende les mots simples, ne peut venir que d’un être porté par la grâce.

Mais pour nous simples humains…

L’écriture c’est comme la vie, au début on brode autour, quand on avance on élague, et à la fin on ne garde que l’essentiel.

Par-dessus tout, j’aime lire ceux qui écrivent comme ils parlent, mais pour arriver à ce stade de dépouillement, il faut…

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De la transparence de l’écriture…

Robert Solé : le plaisir de la relecture

« Mettre la dernière main au roman est un autre plaisir. Les relectures amènent à ajouter un dialogue, inverser deux paragraphes, remplacer un verbe, supprimer un adjectif inutile… C’est une sorte de jardinage, dans lequel il n’est plus temps de semer, mais de tailler ce qui dépasse. Le texte y gagne en qualité, sachant qu’en littérature mieux vaut suggérer que tout dire. »


(Le 1 des libraires, 25 août 2017).

Robert Solé : le plaisir de la relecture

Comment travaille… Philippe Vilain ?

J’apprécie beaucoup cet auteur. Philippe Vilain est un écrivain que je suis depuis longtemps. En août 2017, il publie son nouveau roman, « La fille à la voiture rouge ».

L'art d'écrire...

Cette semaine, c’est Philippe Vilain qui a répondu à mes questions. Auteur de l’essai « La Littérature sans idéal » (2016, Grasset), dans lequel il s’interroge sur la littérature contemporaine, il a écrit une vingtaine de livres.

De son premier roman, « L’Étreinte », en 1997 (chez Gallimard) à « La Fille à la voiture rouge » (2017, chez Grasset), Philippe Vilain a beaucoup écrit sur le sentiment amoureux, dans ses diverses facettes. Il y eut par exemple « Le Renoncement » (2001, Gallimard), « Paris l’après-midi » (2006, Grasset), « Faux-père » (2008, Grasset), ou encore « La Femme infidèle » (2013, Grasset).

Le grand public connaît peut-être mieux « Pas son genre » (2011, Grasset), adapté au cinéma par Lucas Belvaux, avec Emilie Dequenne. Une histoire d’amour entre une coiffeuse du Nord et un prof de philosophie parisien, compliquée par les différences sociales et culturelles…

Mais découvrez tout…

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Comment travaille… Philippe Vilain ?