Stephen King : les adverbes, en enfer !

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Stephen King, maître d’écriture.

99 % des adverbes ne servent à rien.

Grégoire Delacourt n’aime pas les adverbes (et il a raison !).

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Stephen King : les adverbes, en enfer !

Philippe Djian : « La littérature, la vraie, ne s’enseigne pas »

On ne peut pas faire de vous un écrivain au sens où moi je l’entends, mais on peut faire de vous un scénariste ou quelqu’un qui publie. La littérature, la vraie, en effet, ne s’enseigne pas. Mais tout le monde peut s’améliorer, à force de travail. En travaillant, on peut écrire, et très bien, à quoi ressemble le bleu du ciel. C’est une question de travail. Ça ne peut pas s’apprendre, mais ça peut s’enseigner. On peut aussi vous enseigner à structurer un récit. C’est ce que nous prouvent tous les jours ces gens qui viennent des Etats-Uni pour nous expliquer comment faire un scénario, comment écrire une série. Il y a des tas de gens qui prennent des cour de dessin, des cours de scénario, et ça fonctionne ! Mais ils n’écriront jamais de la littérature, c’est-à-dire Ulysse ou Guerre et paix. Donc oui, vous pouvez apprendre à travailler pour faire partie des 95 % des bouquins qui encombrent les librairies. Mais les 5 % qui restent, les vrais écrivains, ceux-là sont hors de portée et personne ne peut, en effet, s’engager à vous transformer en l’un d’eux.

Philippe Djian anime désormais des ateliers d’écriture, notamment pour Gallimard/NRF. Et, entre ce qu’il affirmait dans le texte ci-dessus, datant de 2010, et aujourd’hui, il semble avoir changé d’idée. Il déclare à propos de son atelier intitulé Marcher sur la queue du tigre (réveiller ce qui est endormi) : « Il nous a fallu du temps. Je ne sais combien de générations pour l’admettre. Malgré les évidences, les preuves accumulées. Nous en rions aujourd’hui, mais le chemin a été long, les résistances terribles. Je me souviens de la risée que cela provoquait parfois. Pour certains, pour beaucoup, ces ateliers d’écriture ne servaient à rien car écrire ne pouvait s’apprendre. En grande partie, ils avaient tort. »

Il parle de cette activité dans cet entretien.

Philippe Djian : « La littérature, la vraie, ne s’enseigne pas »

Ibn Khaldoun : « La poésie ce sont les vers dont on a redressé les premiers mots »

Un court art poétique tiré du Livre des exemples, d’Ibn Khaldoun (1332-1406). Ce texte est cité dans l’ouvrage de Gérard Macé, Pensées simples, publié chez Gallimard (2011).

« La poésie ce sont les vers dont on a redressé  les premiers mots,

et dont on a poli toutes les parties,

On en répare les fissures par les longueurs

on en soigne la cécité par la concision.

On y réunit le proche et le lointain,

on y joint les eaux dormantes aux eaux vives. »

 

Ibn Khaldoun : « La poésie ce sont les vers dont on a redressé les premiers mots »

Elizabeth Strout : le lecteur à l’intérieur

« Les phrases de ce livre ont l’air toutes simples, mais elles représentent des années de travail. Il faut du temps pour ne garder que l’essentiel. Si vous dites tout, le lecteur reste à distance, or je le veux à l’intérieur. »

 

Elizabeth Strout, née en 1956, est une romancière américaine. Elle a écrit cinq livres et a reçu le prix Pulitzer en 2009 pour Olive Kitteridge.

Un entretien avec Elizabeth Strout est à lire ICI.

 

Elizabeth Strout : le lecteur à l’intérieur

Yves Bichet : « « Ecrire des romans (…) cela ne protège pas de grand-chose…

Dans un article paru dans Libération, Yves Bichet aborde l’écriture et son travail d’écrivain, qu’il qualifie d’artisanal.

« Ecrire des romans, c’est concevoir des destinées, accueillir des personnages, ouvrir certaines portes, alimenter des rêves, poser des questions sans réponse mais, au fond, cela ne protège pas de grand-chose… Un journal, dans un sens, abrite mieux. Il protège du cynisme, de l’ignorance et d’une forme de rage latente, tapie au plus profond, qui aveugle et dépite même les plus lucides.

Je suis un artisan, donc un homme d’outils. Je ne comprends rien aux proclamations de ceux qui découvrent l’outil. Les nouvelles techniques de communication créent un monde aux potentialités fabuleuses mais résolument outrées, un monde qui n’en finit pas de contempler son propre renouveau, comme si la perceuse, le perforateur ou le marteau-piqueur, sous prétexte qu’ils sont rapides et efficaces, qu’ils remisent le marteau aux oubliettes, méritaient à présent un véritable culte. Une vénération. Les artisans (les écrivains aussi, je l’espère) n’ont de vénération que pour le travail, jamais pour les outils du travail… »

Le texte complet est ICI.

Yves Bichet : « « Ecrire des romans (…) cela ne protège pas de grand-chose…

Annie Ernaux : « Je bute sur le désir de poésie »

« Le désir, je connais. Désir de soleil, d’avenir, d’homme, de fraises en hiver. Le désir de lire et celui d’aller à Venise. Mais je bute sur le désir de poésie. Sans doute parce que je ne sais pas dire ce qu’est la poésie.

Il me semble qu’elle est justement, seulement, un désir, celui d’atteindre par les mots le cœur du réel, de tout ce qu’il y a dans les autres désirs et leur inachèvement. Un désir qui traverse toute la littérature, sans distinction de genres et qui se confond pour moi avec celui d’écrire.

Il me semble l’avoir éprouvé pour la première fois l’été 2015, dans l’autocar qui relie Duclair à Caudebec. Le soleil se couchait sur la Seine.

Je me souviens de l’éblouissement de la lumière sur l’eau, des rives noires de la forêt de Bretonne, et du sentiment étrange que je ne pouvais pas me contenter de jouir du paysage, il fallait le fixer par l’écriture et ainsi aller « au-delà ». De quoi, je ne savais pas. Il en est encore ainsi. »

Annie Ernaux

(publié dans Poésie première n°16).

A lire aussi, de et sur Annie Ernaux :

« Les mots pour penser le monde aujourd’hui, je ne les aime pas »

« Voir pour écrire, c’est voir autrement »

« Ecrire, pour faire le tour d’une absence »

 

Annie Ernaux : « Je bute sur le désir de poésie »

Pierrette Fleutiaux en atelier d’écriture : « Soyez prédateurs ! »

Pierrette Fleutiaux, qui a animé des ateliers d’écriture chez Gallimard, avait l’habitude de rassurer les participants. Voici ce qu’elle leur déclare, et qui vaut pour tous ceux qui souhaitent se lancer. Soyons prédateurs !

L’interview complète est à lire ICI.

Pierrette Fleutiaux en atelier d’écriture : « Soyez prédateurs ! »