Jacques Roubaud : « Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre… »

Les « conseils à un jeune poète » et les arts poétiques constituent des exercices que bien des auteurs pratiquent avec plaisir. Loin du lyrisme de Rainer Maria Rilke, le grand et facétieux Jacques Roubaud (poète, romancier, membre de l’Oulipo) se prête au jeu sous forme de fable. 

 

Le lombric

(Conseils à un jeune poète de douze ans)

Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence,
le lombric se réveille et bâille sous le sol,
étirant ses anneaux au sein des mottes molles
il les mâche, digère et fore avec conscience.

il travaille, il laboure en vrai lombric de France
comme, avant lui, ses père et grand-père ; son rôle,
il le connaît. Il meurt. La terre prend l’obole
de son corps. Aérée, elle reprend confiance.

Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
où les hommes récoltent les denrées langagières ;

mais la terre s’épuise à l’effort incessant !
sans le poète lombric et l’air qu’il lui apporte
le monde étoufferait sous les paroles mortes.

Jacques Roubaud, Les Animaux de tout le monde.

 

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Jacques Roubaud : « Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre… »

Le désordre amoureux : un Chiflet des lettres

Jean-Loup Chiflet déclare sa flamme à la langue française dans un dictionnaire amoureux de plus de 700 pages. Un livre foutraque mais au plaisir communicatif.

Il y manque sans doute un peu d’ordre et de rigueur. De ce qui fait la différence entre le dictionnaire, fût-il amoureux, et le fourre-tout sympathique et subjectif.

Dans son ouvrage, Jean-Loup Chiflet ne cesse de déclarer sa flamme à la langue française. Au risque de s’y brûler parfois. Certaines listes, certains jeux de mots circulent tellement sur Internet que le sel s’en est évaporé. D’autres listes, elles, perdent de leur intérêt tant elles s’étalent sur des pages et des pages : dix sur les nouveaux mots de la Révolution ; vingt-cinq sur les nuances entre mots, alors que l’anecdote placée en exergue les vaut toutes !

Mais passons. Le dictionnaire amoureux de la langue française de Chiflet est riche de plus de 730 pages. C’est dire que ce passionné des mots a l’espace pour se faire plaisir et offrir aux lecteurs ses souvenirs, ses amours et ses anecdotes.

Fleurs de rhétorique

On s’amusera avec les aptonymes — ces noms qui correspondent à la profession de ceux qui les portent : docteur Bargeot, psychiatre ; Paul Amen, prêtre. On se cultivera en découvrant les gentilés (les noms des habitants de communes). On se posera des questions essentielles : d’où vient le mot alphabet ? Quelle différence entre un auteur et un écrivain ? On se délectera d’expressions régionales ; on « montera sur son poironnier », rouge de colère, face au politiquement correct ; on révisera les figures de style, rebaptisées « fleurs de rhétorique », dont la présentation, forcément incomplète, est bien replacée dans le fil de l’histoire de la langue française.

L’autre intérêt de ce dictionnaire personnel et partageur réside dans le panthéon des serviteurs de la langue, que Chiflet ouvre à Balzac, Baudelaire, La Fontaine, Hugo, Racine, Camus, Flaubert, Aragon… Sa passion du français éclate avec talent et générosité. On aime ce dico comme Chiflet aime la langue française : autant « pour ses trésors que pour ses insuffisances et ses défauts ».

Olivier Quelier

Dictionnaire amoureux de la langue française, de Jean-Loup Chiflet, Plon.

Le désordre amoureux : un Chiflet des lettres

[archives] Patrick Cauvin : E=mc2, le retour

C’est le temps des vacances, le moment de trier ses archives et de préparer ses lectures d’été. Alors j’ai ressorti cet article sur Pythagore, je t’adore, la suite, signée Patrick Cauvin, de l’un de ses plus grands succès, E=mc2, mon amour.

Ils

Ils avaient onze ans en 1977 ; ils en ont quinze aujourd’hui. Erreur de calcul ? Non, preuve supplémentaire et irréfutable de la supériorité manifeste du français sur les maths, de la littérature sur la réalité. Mais passons…

D’imbéciles calculs cessons d’effectuer

Du livre de Cauvin il faut ici parler

Car Patrick Cauvin vient de sortir un nouveau roman. Bingo ! comme dirait Daniel. Oui, Daniel Michon, le petit amoureux de Lauren King, les deux héros surdoués de E=mc2, mon amour, dont Pythagore, je t’adore, qui vient de paraître aux éditions Albin Michel, est la suite.

« Ils s’étaient quittés à La Défense, un quartier de plein vent, un jour de grand soleil où il n’avait jamais fait si triste dans leurs vies ». Ils ne savaient pas s’ils se reverraient, les adultes étaient contre eux, décidaient pour eux, il fallait que tout rentre dans l’ordre et tout était rentré dans l’ordre : « (…) l’Amérique pour Lauren, entre son papa patron de multinationale et sa maman cliquetante de bracelets chic. Pour Daniel, c’était le retour entre son chauffeur de taxi de père et ses copains des bords de Seine ».

Quatre ans ont passé. Quatre années d’ennui pour Lauren qui se morfond à la prestigieuse et californienne Harleton Springs School. Daniel, lui, après être allé de catastrophes en catastrophes au collège, finit à l’Institution Saint-Rémi, « spécialisée dans les cas difficiles : retardés scolaires, inadaptés sociaux, cas familiaux, débiles légers ».

Quatre années ont passé, la peine s’est flétrie

Ils se sont oubliés, ou ils ont fait comme si…

Mais Patrick Cauvin est un farceur sentimental. Il ne pouvait laisser ces deux jeunes gens séparés, Lauren à faire des vers raciniens, Daniel à apprendre par cœur des dictionnaires de cinéma. Ils avaient dit qu’ils se reverraient et ils vont se revoir, bien sûr. D’autant que tous deux atteignent le point de rupture : Lauren écrit à son timoré de papa pour lui annoncer qu’elle quitte Harleton Springs School et s’offre quelques jours de liberté en France. De son côté, Daniel fait une fugue et s’envole pour New York. Ils se cherchent, se croisent mais ne se trouvent pas, et c’est à Roissy, l’une repartant et l’autre rentrant, qu’ils se rencontrent finalement.

Mon tendre, mon amour, nous voici réunis

Si ce n’est pour toujours, ce sera pour la vie

En un an, Lauren et Daniel vont amasser une fortune, montant des affaires farfelues qui feront un tabac parce qu’elles se jouent de nos modes, de nos artifices, de nos faiblesses. C’est drôle et plein d’invention mais, du coup, on en oublie un peu les sentiments : dans ce court roman débridé qui ne craint pas de donner dans la farce, Cauvin a décidé de s’amuser, de nous amuser en concoctant une série de scènes cocasses, de portraits incroyablement drôles.

Evidemment, les deux adolescents succomberont à l’appel de la chair. Ils feront l’amour et ne seront plus jamais les mêmes. « On va devenir heureux » dit Daniel, rêveur : ils seront riches, auront des enfants, vivront aux Bahamas… C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Ils grandiront sans nous, loin de nous parce que, autant vous l’annoncer dès maintenant : inutile d’espérer une nouvelle suite. Ter-mi-né !

Déjà qu’il a fallu attendre une vingtaine d’années pour lire Pythagore, je t’adore… « J’ai refusé pendant tout ce temps, confesse Cauvin, parce que je me méfie des suites et puis, très franchement, je n’en avais pas envie. Le déclic est venu d’une vieille dame, dans un salon du livre. Elle m’a dit : « J’aime beaucoup vos livres, mais j’ai un reproche à vous faire : on rit moins qu’avant ». Ça m’a ennuyé, j’ai réfléchi. Et j’ai décidé de renoncer au drame et à la gravité, de renouer avec mes débuts. J’ai tenté de retrouver le Cauvin d’il y a vingt-deux ans ».

Pythagore, je t’adore contient tant de fraîcheur, de tendresse et d’émotion que les années semblent ne pas avoir de prise sur Patrick Cauvin, qui sait comme nul autre parler des enfants… et s’adresser aux grands enfants que nous essayons tant bien que mal de rester.

Olivier Quelier.

Pythagore, je t’adore, de Patrick Cauvin, Albin Michel, 1999 ; Livre de poche, 2001.

[archives] Patrick Cauvin : E=mc2, le retour

Sophie Carquain : « Les objets bavards », ces chatouilleurs d’enfance

En préparant un atelier d’écriture, je retombe sur cet article. Retrouve le livre. Ni l’un ni l’autre n’ont vieilli. Je me dis qu’en ce début de vacances, il serait bon de replonger dans les archives et de remettre au jour quelques textes originaux et sympathiques. Voici donc les Objets bavards, de Sophie Carquain.

Ô toi chaussette orpheline, abandonnée, oubliée, qui trop souvent termine ta misérable existence en cirant les pompes des autres ;

Toi, cravate amie des hommes, attribut de leur pouvoir et de leur servitude sociale, dont on ne louera jamais assez le pouvoir hautement érotique ;

Et toi, lacet qui craque au pire des moments, toi, pauvre être falot qui ne te mets à exister qu’à la seconde précise où tu meurs ;

Infâme rond de serviette, pire définition de l’enfance ;

Et vous, poupées gigognes qui, derrière votre apparente placidité, permettez aux fillettes d’évaluer avec précision leur identité, leur singularité d’enfant…

Vous, tickets perdus, « queue de Mickey » du manège, malabars roses… objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Non, répond Sophie Carquain : « Quelle aubaine ! On peut alors allègrement leur prêter la nôtre, nos peines et nos délices, nos joies et nos souffrances (…) Les objets jalonnent les précieux moments de notre vie. Ils sont porteurs de nos émotions et de nos doutes. Ce sont des porte-pyjamas dans lesquels nous fourrons nos angoisses, nos désespoirs, nos coups de gueule et nos fantasmes ».

L’infini à portée de rongeur

Sophie Carquain signe aux éditions du Rocher un ouvrage subtil et très malin : Les objets bavards, de la Barbie au caméscope. Un ouvrage dans lequel on aime baguenauder en terre d’enfance, passer du K-way bleu 100% synthétique, souvenir de vacances pluvieuses, au magazine de salle d’attente, qui n’a rien à voir avec celui du salon de coiffure et permet d’apprécier le niveau d’anxiété au rythme du feuilletage.

Le regard décalé de Sophie Carquain et sa grande finesse d’observation nous rapprochent davantage de l’essai sociologique que de la futile chronique d’hebdomadaire féminin.

Il faut oser sous-titrer le chapitre consacré à la roue du hamster « l’infini à portée de rongeur » ; ou, mieux encore, débattre « de l’autoprotection à la phobie de l’autre » à propos du parasol. Toujours avec humour et légèreté.

On peut lire ces textes dans un sage ordre alphabétique ou symboliquement « cliquer », dans chacun d’entre eux, sur les mots en gras qui dévident, du camping-car au rocking-chair et du rocking-chair au kangourou, « le chapelet de nos souvenirs ».

Les objets bavards, de Sophie Carquain, éditions du Rocher. 174p. 14, 50€.

Sophie Carquain : « Les objets bavards », ces chatouilleurs d’enfance

Voulez-vous chanter… grammaire ? 2. Avec Christophe Hondelatte

Christophe Hondelatte, journaliste radio et télé, a commis en 2011 un album intitulé Ou pas. A l’intérieur de opus qui est le premier et a priori l’unique de sa carrière de chanteur, une chanson intitulée Conjugaison. Une double curiosité donc, qu’à défaut de pouvoir écouter, vous pouvez découvrir grâce à ses paroles.

Chritophe Hondelatte (Youtube).

Conjuguons tu disais,
Conjuguons au passé
Nous étions, tu étais

Et moi qui étais-je ?

Conjuguons je disais,
Conjuguons au présent
Nous sommes, tu es

Et moi qui suis-je ?

Le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct.
Le participe présent accorde une chance si tu l’acceptes.

Conjuguons nous disions,
Conjuguons au futur
Nous serons, tu seras

Et moi qui serai-je

Le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct.
Le participe présent accorde une chance si tu l’acceptes.

Nous passons tu disais
Le tableau des conjugaisons
Je suis, tu es
Mais nous ne sommes plus

Le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct.
Le participe présent accorde une chance si tu l’acceptes.

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Le participe présent accorde une chance si tu l’acceptes.

Le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct.
Le participe présent accorde une chance si tu l’acceptes.

Conjuguons !

A découvrir : Grammaire Song du groupe Chanson plus Bifluorée.

Je n’ai pas trouvé de vidéo de Christophe Hondelatte interprétant Conjugaison, mais vous pouvez écouter la chanson via ce lien.

Voulez-vous chanter… grammaire ? 2. Avec Christophe Hondelatte

Bernard Pivot fait ses devoirs de mémoire

Ce que j’aime chez Pivot. Ses livres ne ressemblent à nul autre. Par la forme, qui n’est ni du roman ni des mémoires, ni de l’essai ni du dictionnaire. Une forme bien personnelle, comme l’est le ton : coquin — de plus en plus coquin — sautillant, toujours précis, pertinent, fort aussi d’une exigence de rigueur et de justesse.

Ce que j’aime chez Pivot. Tout le monde l’aime, et tant pis pour les autres. Ouvrir un de ses livres, c’est la garantie de trouver matière à plaisir, à plaisirs, à plaisirs sensuels tant Bernard Pivot se révèle, de plus en plus, de livre en livre, d’année en année (mais les années s’arrêtent-elles sur lui ? Pivot octogénaire ? Allons donc…).

Bernard Pivot est un jouisseur. De mots, de mets, de livres, d’amis, de femmes, de vins. Du temps dont il sait profiter. Et si sa mémoire, écrit-il, n’en fait qu’à sa tête, j’en échangerais bien une petite partie contre quelques années de ma vi(d)e.

M’imaginer échotier littéraire du petit monde parisien des années 1960 ; me revoir étudiant brillant au Centre de formation des journalistes, autonome et libre de forger l’avenir, entouré de figures marquantes ; discuter avec Duras au téléphone pour préparer un entretien qui entrera dans les annales d’Apostrophes, émission déjà entrée dans les annales de la télévision ; faire d’une dictée un événement national — un des textes proposés dût-il déplaire au trop puriste académicien Maurice Druon.

Je pourrais multiplier les souvenirs et les points-virgules. Il ne s’agit pas de faire le panégyrique de l’homme ; le pané-générique de ses succès audiovisuels ni le panorama de ses talents journalistiques. Après tout, lisez son livre, tout y est bien mieux dit qu’ici : le « tacle » (pour parler un peu foot, tiens) à Fabrice Luchini, la nécessité d’enseigner l’histoire culturelle du vin dans les lycées, le baiser d’un camarade, l’amante invitée à la télé…

Ce que j’aime chez Pivot. Ses aphorismes, bien sûr. Il en est friand et y excelle, dans ses livres comme sur Twitter (les deux se rejoignent parfois…) : « Le marketing, c’est faire de l’additionnel une nécessité » ;  » ce qui donne son prix à l’indiscrétion, c’est l’énergie qu’on met à l’obtenir ».

Ce que j’aime chez Pivot. Sans doute ce qui pourrait en amener d’autres à le désaimer : l’emploi de mots et de tournures plus très en vogue (le déduit, cuistre, béjaune, peu me chaut…) ; son goût du jeu de mots (la bandaison de crémaillère, il nous calembourait le mou…).

En ce qui me concerne, peu me chaut les cuistres, béjaunes ou non. Pivot est une fête. Et c’est ce que j’aime chez lui.

Olivier Quelier

Bernard Pivot, La mémoire n’en fait qu’à sa tête, Albin Michel, 229p. 18€.

À lire aussi :

« Les m’as-tu-lus et les verbes en progrès »

« Les mots vont-ils manger le gratteur de têtes ?« 

Bernard Pivot fait ses devoirs de mémoire

Voulez-vous chanter… grammaire ? 1. Avec Chanson Plus Bifluorée

La grammaire en chansons ? Surprenant de voir (d’entendre) que cette matière souvent ardue, repoussante pour certains, devient parfois objet de variétés. Premier volet de cette mini-série avec le groupe Chanson Plus Bifluorée et sa Grammaire Song.

D’accord c’est un peu rébarbatif
Le subjonctif en apéritif
Passons sur le mode impératif
Le plus-que-parfait, le pronom relatif

Adjectif possessif : possession
Mes, tes, ses, nos, vos, leurs, mon, ton, son
Exemple facile ; c’est son tonton
Qu’est ton maçon, lui qui t’a bâti ta maison

Un cheval au pluriel c’est chevaux
Mais des batailles font pas des bateaux
Exception faite pour aller aux bals
Danser quels régals dans tous les carnavals

Avez-vous bien étudié la grammaire
Les règles littéraires, accordé l’auxiliaire ?
Avez-vous bien révisé le français
L’attribut du sujet, le complément d’objet ?

L’accent aigu remplace souvent
Un ancien « s » qu’on avait dans l’temps
L’accent circonflexe évidemment
Mis pour une lettre qu’on écrivait avant

J’ai laissé mon épée à l’escole
Avant que d’estudier l’Anatole
De l’anglais on garde le foot-ball
Le gin, le pudding et puis le music-hall

Avez-vous bien étudié la grammaire
Les règles littéraires, accordé l’auxiliaire ?
Avez-vous bien révisé le français
L’attribut du sujet, le complément d’objet ?

« Tout » adverbe est toujours inchangé
Mais « tout » adjectif peut s’accorder
Quand « tout » est pronom, difficulté !
« Tout » c’est compliqué, on n’y est plus tout à fait

Bijou caillou chou genou hibou
Sans oublier tous nos vieux joujoux
Bijou caillou chou genou hibou pou
Mais où est donc or ni car, souvenez-vous

Avez-vous bien étudié la grammaire
Les règles littéraires, accordé l’auxiliaire ?
Avez-vous bien révisé le français
L’attribut du sujet, le complément d’objet ?

Avez-vous cherché dans le dictionnaire
Compris le questionnaire, écrit vos commentaires ?
Avez-vous bien étudié l’imparfait
L’attribut du sujet, le complément d’objet ?

Avez-vous résolu tous les mystères
De la conjugaison et du vocabulaire
Du temps où vous remplissiez vos cahiers
D’attributs du sujet, de compléments d’objet ?

Voulez-vous chanter… grammaire ? 1. Avec Chanson Plus Bifluorée