Eddy Mitchell : journaliste et critique, « c’est dans ta nature, t’es intolérant » [chanson]

Avec Big Band, son 36e volume sorti en 2015, Eddy Mitchell rend hommage à l’Amérique qu’il aime, celle de Frank Sinatra et de Gary Cooper. Dans l’une de ses chansons, Journaliste et critique, il règle ses comptes avec les chroniqueurs musicaux.

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C’est dans ta nature
T’es intolérant
C’est le métier qui veut ça
Il faut que tu sois méchant, méchant
Pour toi les acteurs sont snobs, suffisants
Les actrices des jouets sexuels
C’est navrant, flagrant
Journaliste et critique
Parfois t’as raison
Ton analyse est juste
Comme ta vision
Tu nous fais découvrir
Des films, des nouveaux noms
Tu mérites ta liberté d’expression

C’est dans ta nature
D’être indifférent
Comme ça tu masques mieux tes sentiments
Tout le temps
Pourtant t’as beau être une plume intellectuelle

Tu as un cœur qui bat, une enveloppe charnelle
Journaliste et critique
Tu rêves souvent
D’écrire un best-seller
Ton grand roman
Politicien raté
Ou artiste égaré
Un chanteur sans public
Ramant, ramant

Journaliste et critique
Ton verbe acéré
Peut humilier et déstabiliser
La liberté d’la presse
Sans toi, c’est peanuts
Continue comme ça à jouer
Au sale gosse

Eddy Mitchell : journaliste et critique, « c’est dans ta nature, t’es intolérant » [chanson]

Quand je serai grand(e), je serai journaliste. Ou pas [3]

Oui, le journalisme fait rêver.
Oui, le journalisme fait fantasmer.

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« Journaliste a son bureau » par Félix Cambon en 1907.

Oui les grandes figures tutélaires (Londres — Ah, Londres ! — Giroud, et bien d’autres) ou médiatiques (là, je ne m’avancerai pas à citer des noms…) restent des modèles souvent enviés.

Mais au-delà des grands combats à mener, des causes à défendre ; au-delà de l’ « éducation » ludique qu’offre le marketing, certains aspirants se heurtent parfois à une réalité plus… abrupte.
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Car exercer le journalisme, c’est aussi subir pas mal de contraintes, comme le prouve ce bilan de stage publié sur les réseaux sociaux (Facebook) par le journaliste Alexandre Blanc…

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Quand je serai grand(e), je serai journaliste. Ou pas [3]

Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Deuxième des trois volets de cette mini-série tragi-comique.

C’est une chef-adjointe du Monde qui a publié cette lettre sur Facebook. Une écolière lorraine de 10 ans rêve de devenir journaliste. De bon augure pour l’avenir ?

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img_0775Cette gamine, en tout cas, pourra travailler sa vocation grâce à ces jouets qui ont resurgi sur les réseaux sociaux après la sortie d’un magazine offrant un « kit de journaliste ».

Grâce à La Fée Clochette magazine, la jeune investigatrice disposera d’un smartphone, d’un bloc-notes et même de la carte de presse tant convoitée.

 

 

 

Comme quoi on n’en a pas fini avec l’imagerie populaire qui fantasme le glamour du métier…

Enfin, le glamour à confetti et paillettes plus que le métier pour cette publication…

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Capture d’écran 2016-01-04 à 17.49.48Barbie, déjà, se baladait sac en bandoulière et disposait de tout le matériel pour développer ses photos en argentique… Et se transformait, bien sûr, en vedette du journal télévisé

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Le bonhomme de Playmobil confirme en tout cas que le journaliste, dans la vie rêvée des enfants, n’existe qu’avec un micro à la main, muni d’une caméra ou d’un reflex…

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Bref, on n’est pas près de trouver en kiosque une figurine à l’effigie d’Albert Londres. Le journalisme a sans doute une bonne image, mais elle se révèle très lourde de clichés.

Olivier Quelier

Retrouvez ICI le premier volet de cette mini-série, avec la campagne, très forte, de Reporters sans frontières.

 

Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

Antonio Muñoz Molina : « Une seule goutte de fiction transforme tout en fiction »

Antonio Muñoz Molina est un romancier et essayiste espagnol. Il a obtenu le prix Fémina étranger en 1998 pour Le Royaume des voix. Son dernier roman, publié au Seuil en 2016, s’intitule Comme l’ombre qui s’en va (Seuil).

124267_couverture_hres_0Dans Comme l’ombre qui s’en va, le nouveau roman d’Antonio Muñoz Molina, s’entrecroisent le passé de l’écrivain et le destin de James Earl Ray qui, le 4 avril 1968, a assassiné Martin Luther King à Memphis avant de prendre la fuite. Dans un entretien accordé à Libération, l’auteur revient sur les enjeux du partage entre fiction et non-fiction. Extrait.

« L’important n’est pas le pourcentage de fiction qu’il y a dans un livre mais ce qu’on fait du mélange de la fiction et de la vérité. Quand on mêle deux choses de nature différente, il y a comme une réaction chimique, c’est comme un collage. Dans la non-fiction, il y a des limites qu’on ne peut dépasser.

Par exemple, on peut savoir tout sur ce que [mon personnage] a fait. [Mais] il y a une chose qu’on ne sait pas : ce qui se passe dans sa tête. La fiction est la seule façon d’entrer dans la tête de quelqu’un. La fiction peut jouer avec les faits ; la question, c’est comment on mêle les deux. Parce qu’une seule goutte de fiction transforme tout en fiction.

C’est la différence avec le journalisme. Avec la postmodernité, on croit qu’il n’y a plus de différence, mais il y en a. Je ne suis pas seulement écrivain, je suis aussi journaliste et je connais la différence. C’est un roman parce que j’ai la liberté de m’écarter de la réalité quand je le veux ».

Antonio Muñoz Molina : « Une seule goutte de fiction transforme tout en fiction »

Gay Talese et le Nouveau Journalisme : le « courant fictif sous la réalité »

Gay Talese est, avec Tom Wolfe, l’un des pères fondateurs du Nouveau journalisme.
Vient de paraître, du premier, aux éditions du Sous-Sol, Le Motel du voyageur ; du second,  chez Robert Laffont, un recueil de ses articles des années 1960 intitulé Où est votre stylo ? Chroniques d’Amérique et d’ailleurs.

À signaler aussi le numéro 18 de Feuilleton, fêtant les cinq ans de la revue d’Adrien Bosc.  Pour la littérature du réel est une somme et un hommage rendu aux représentants d’hier et d’aujourd’hui (Carrère, Jablonka, Saviano…) du Nouveau Journalisme.

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A lire aussi :

Le conseil de Tom Wolfe au jeune journaliste.

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