Antoine Mercier : le mauvais « rêve » de « figer l’instant dans l’épure de la factualité »

1280x720-ouyFace à la crise que traverse le journalisme, à la dégradation et à la précarisation des conditions de travail des journalistes, face à « l’effacement du sens même de notre profession, et en définitive, de la satisfaction de son exercice », Antoine Mercier, journaliste à France Culture, s’inquiète, dans son livre Manifeste pour sortir du mal-être au travail, des répercussions sur la qualité de l’information. 

Antoine Mercier explique : « En entendant le récit médiatique des événements, j’en viens parfois à penser que mes confrères oublient les principes fondamentaux qui justifient socialement leur fonction. Plutôt que de rapporter les événements qui feraient s’interroger chacun sur ses actions futures, ils semblent s’ingénier à recouvrir la réalité, dont ils sont pourtant censés rendre compte, de sujets déconnectés de tout lien avec le devenir collectif, comme si plus rien ne devait se passer. Rêve de figer l’instant dans l’épure de la factualité, le spontanéisme de l’émotion ou de la compassion bien-pensante. »

Manifeste pour sortir du mal-être au travail, d’Antoine Mercier et Vincent de Gaulejac, Desclée de Brouwer, 180p. 15€.

(d’après l’article « Presse sous pression », in Les Inrocks 14/11/12).

Antoine Mercier : le mauvais « rêve » de « figer l’instant dans l’épure de la factualité »

Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Deuxième des trois volets de cette mini-série tragi-comique.

C’est une chef-adjointe du Monde qui a publié cette lettre sur Facebook. Une écolière lorraine de 10 ans rêve de devenir journaliste. De bon augure pour l’avenir ?

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img_0775Cette gamine, en tout cas, pourra travailler sa vocation grâce à ces jouets qui ont resurgi sur les réseaux sociaux après la sortie d’un magazine offrant un « kit de journaliste ».

Grâce à La Fée Clochette magazine, la jeune investigatrice disposera d’un smartphone, d’un bloc-notes et même de la carte de presse tant convoitée.

 

 

 

Comme quoi on n’en a pas fini avec l’imagerie populaire qui fantasme le glamour du métier…

Enfin, le glamour à confetti et paillettes plus que le métier pour cette publication…

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Capture d’écran 2016-01-04 à 17.49.48Barbie, déjà, se baladait sac en bandoulière et disposait de tout le matériel pour développer ses photos en argentique… Et se transformait, bien sûr, en vedette du journal télévisé

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Le bonhomme de Playmobil confirme en tout cas que le journaliste, dans la vie rêvée des enfants, n’existe qu’avec un micro à la main, muni d’une caméra ou d’un reflex…

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Bref, on n’est pas près de trouver en kiosque une figurine à l’effigie d’Albert Londres. Le journalisme a sans doute une bonne image, mais elle se révèle très lourde de clichés.

Olivier Quelier

Retrouvez ICI le premier volet de cette mini-série, avec la campagne, très forte, de Reporters sans frontières.

 

Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

À qui appartient la presse : réponses en dessin, en articles et en carte

À qui appartient la presse ? Florilège de quelques pistes à suivre pour en savoir davantage.

L’Agglorieuse est un hebdomadaire satirique de Montpellier. Dans une newsletter récente, le journal présente ce dessin qui, au-delà de la simple auto-promotion, s’appuie sur une situation connue de tous…

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Capture d’écran du dessin paru dans la newsletter de l’Agglorieuse.

… Une situation de dépendance et de concentration de la presse que l’hebdomadaire Le 1 creuse dans un récent numéro intitulé Qui contrôle les médias ? Des articles de Julia Cagé, Aude Lancelin, Denis Jeambar, Patrick Eveno et Éric Fottorino. Le directeur du 1, dans Les valets de l’Élysée, revient notamment sur un rendez-vous houleux, en 2010 (il était alors directeur du Monde) avec le président Nicolas Sarkozy.

Un numéro comme toujours dense et riche…

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Illustration Ale + Ale pour Le1.

… Des riches, des très très riches, même, on en compte un bon nombre sur cette carte régulièrement mise à jour. Proposée sur le site du Monde diplomatique, elle est l’œuvre de Marie Beyer et Jérémie Fabre. Créée en juillet dernier, cette cartographie de « l’information sous contrôle » a été mise à jour début novembre.

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Autant de supports pour creuser ce sujet de la dépendance/l’indépendance qu’on pourrait résumer par cette formule cynique de l’économiste Alfred Sauvy, reproduite en dernière page du 1 : « La liberté de la presse est entière ; il suffit d’avoir les milliards nécessaires »…

Olivier Quelier

 

À qui appartient la presse : réponses en dessin, en articles et en carte

François Mauriac, « tout entier dans le moindre article » (par Françoise Giroud)

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Françoise Giroud s’est toujours beaucoup racontée. Sa foisonnante bibliographie compte plusieurs volumes de souvenirs, de mémoires, de « promenades » dans le passé.

L’accent est souvent mis sur la carrière et la vie professionnelle (Profession journaliste, conversation avec Martine de Rabaudy), souvent aussi sur la vie privée (Histoire d’une femme libre, publié en 2013 chez Gallimard) ; les deux se confondant régulièrement (comme ici, dans Arthur ou le bonheur de vivre) pour évoquer sa vie avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, la création de L’Express, ses débuts dans le cinéma, ses expériences ministérielles, la mort de son fils ou ses relations avec les Lazareff.

Treize ans après sa mort, son parcours dans le journalisme reste toujours riche d’enseignements.

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« De deux mots choisir le moindre »

Françoise G. et la coquille du New York Times.

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