Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

Etre journaliste n’est pas un métier comme un autre. Il continue de séduire, d’inviter à l’aventure, à la défense de causes que l’on estime justes. Il suscite des vocations et entretient une imagerie populaire bien décalée de la réalité. Deuxième des trois volets de cette mini-série tragi-comique.

C’est une chef-adjointe du Monde qui a publié cette lettre sur Facebook. Une écolière lorraine de 10 ans rêve de devenir journaliste. De bon augure pour l’avenir ?

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img_0775Cette gamine, en tout cas, pourra travailler sa vocation grâce à ces jouets qui ont resurgi sur les réseaux sociaux après la sortie d’un magazine offrant un « kit de journaliste ».

Grâce à La Fée Clochette magazine, la jeune investigatrice disposera d’un smartphone, d’un bloc-notes et même de la carte de presse tant convoitée.

 

 

 

Comme quoi on n’en a pas fini avec l’imagerie populaire qui fantasme le glamour du métier…

Enfin, le glamour à confetti et paillettes plus que le métier pour cette publication…

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Capture d’écran 2016-01-04 à 17.49.48Barbie, déjà, se baladait sac en bandoulière et disposait de tout le matériel pour développer ses photos en argentique… Et se transformait, bien sûr, en vedette du journal télévisé

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Le bonhomme de Playmobil confirme en tout cas que le journaliste, dans la vie rêvée des enfants, n’existe qu’avec un micro à la main, muni d’une caméra ou d’un reflex…

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Bref, on n’est pas près de trouver en kiosque une figurine à l’effigie d’Albert Londres. Le journalisme a sans doute une bonne image, mais elle se révèle très lourde de clichés.

Olivier Quelier

Retrouvez ICI le premier volet de cette mini-série, avec la campagne, très forte, de Reporters sans frontières.

 

Quand je serai grand(e), je serai journaliste, poupée [2]

À qui appartient la presse : réponses en dessin, en articles et en carte

À qui appartient la presse ? Florilège de quelques pistes à suivre pour en savoir davantage.

L’Agglorieuse est un hebdomadaire satirique de Montpellier. Dans une newsletter récente, le journal présente ce dessin qui, au-delà de la simple auto-promotion, s’appuie sur une situation connue de tous…

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Capture d’écran du dessin paru dans la newsletter de l’Agglorieuse.

… Une situation de dépendance et de concentration de la presse que l’hebdomadaire Le 1 creuse dans un récent numéro intitulé Qui contrôle les médias ? Des articles de Julia Cagé, Aude Lancelin, Denis Jeambar, Patrick Eveno et Éric Fottorino. Le directeur du 1, dans Les valets de l’Élysée, revient notamment sur un rendez-vous houleux, en 2010 (il était alors directeur du Monde) avec le président Nicolas Sarkozy.

Un numéro comme toujours dense et riche…

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Illustration Ale + Ale pour Le1.

… Des riches, des très très riches, même, on en compte un bon nombre sur cette carte régulièrement mise à jour. Proposée sur le site du Monde diplomatique, elle est l’œuvre de Marie Beyer et Jérémie Fabre. Créée en juillet dernier, cette cartographie de « l’information sous contrôle » a été mise à jour début novembre.

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Autant de supports pour creuser ce sujet de la dépendance/l’indépendance qu’on pourrait résumer par cette formule cynique de l’économiste Alfred Sauvy, reproduite en dernière page du 1 : « La liberté de la presse est entière ; il suffit d’avoir les milliards nécessaires »…

Olivier Quelier

 

À qui appartient la presse : réponses en dessin, en articles et en carte

François Mauriac, « tout entier dans le moindre article » (par Françoise Giroud)

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Françoise Giroud s’est toujours beaucoup racontée. Sa foisonnante bibliographie compte plusieurs volumes de souvenirs, de mémoires, de « promenades » dans le passé.

L’accent est souvent mis sur la carrière et la vie professionnelle (Profession journaliste, conversation avec Martine de Rabaudy), souvent aussi sur la vie privée (Histoire d’une femme libre, publié en 2013 chez Gallimard) ; les deux se confondant régulièrement (comme ici, dans Arthur ou le bonheur de vivre) pour évoquer sa vie avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, la création de L’Express, ses débuts dans le cinéma, ses expériences ministérielles, la mort de son fils ou ses relations avec les Lazareff.

Treize ans après sa mort, son parcours dans le journalisme reste toujours riche d’enseignements.

A lire aussi :

« En journalisme comme en amour… »

« De deux mots choisir le moindre »

Françoise G. et la coquille du New York Times.

François Mauriac, « tout entier dans le moindre article » (par Françoise Giroud)

Devenir secrétaire de rédaction ne serait pas le rêve du futur jeune journaliste

Une étude analyse « l’imaginaire des jeunes journalistes » auprès de quelques dizaines d’étudiants. Autrement dit, leur vision du métier et de ses acteurs. D’où il ressort (mais est-ce une surprise ?) que le secrétariat de rédaction n’est pas une fonction qui fait rêver.  

3jBg-U2yUcsvYGY3N617NTl72eJkfbmt4t8yenImKBVvK0kTmF0xjctABnaLJIm9C’est une étude parmi d’autres, qui vaut ce qu’elle vaut. En l’occurrence, peu de généralisation possible au regard du nombre d’étudiants en journalisme sollicités (146) éparpillés dans cinq écoles.

Pourquoi, alors, en parler ? Par curiosité sans doute, avec la bienveillance et la retenue de qui consulte des miscellanées, jamais essentielles mais toujours intéressantes.

L’étude, datée de 2013 mais évoquée en octobre 2014 lors de la Conférence nationale des métiers du journalisme, a pour ambition d’analyser « l’imaginaire des jeunes journalistes ».

L’intitulé laisse songeur, qui semble vouloir traiter moins des envies et des représentations du métier que de ce qui est — pour reprendre les acceptions du Petit Robert« sans réalité » ou « tel dans sa propre imagination».

Faire d’Albert Londres une figure de référence du journalisme ou définir les compétences associées au métier relève de la perception, certes parfois fausse ou décalée, et non de l’imagination.

Perdu…

Mais quoi, puisque nous sommes d’accord pour tirer quelques points de cette étude, faisons-le !

Futur journaliste, l’étudiant ne souhaite pas devenir secrétaire de rédaction (0%, pareil pour le community manager, d’ailleurs). En 2011, le taux était de 0,8%. On a donc perdu, au mieux, un étudiant intéressé !

On est bien sûr loin derrière le rédacteur polyvalent — étrange intitulé — (21%), le correspondant à l’étranger (13%) ou le journaliste de sport (9%) — et non sportif comme écrit, sans doute, par inadvertance.

Que déduire de ces quelques chiffres ? Rien, bien sûr. D’une part parce que le résultat est sans surprise ; d’autre part, parce que le nombre de sondés et les pourcentages sont trop minimes pour en tirer la moindre conclusion.

 

Curieux…

Les étudiants considèrent que le journaliste doit être avant tout curieux (11%), ce qui est très bien mais en réel décalage avec leur propre curiosité… Viennent ensuite la vérification de l’information, l’ouverture aux autres et la débrouillardise.

Pour la hiérarchie en place, la première compétence attendue d’un jeune journaliste est d’être « opérationnel sur les dispositifs techniques requis par le métier » (31%). En second lieu, il « doit posséder une solide culture générale ». L’intitulé ne dit pas si cela inclut la maîtrise de la langue française, jamais mentionnée dans ces pages et pourtant, faut-il le rappeler, indispensable à l’exercice de ce métier, quel que soit le média choisi.

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Albert Londres.

Les plus…

  • Les figures du journalisme : Albert Londres, Edwy Plenel et Yves Calvi.
  • Écrivains préférés : Albert Camus, Émile Zola et Charles Baudelaire (notons, à la 5e place, la présence d’Amélie Nothomb…)
  • Personnalités : Nelson Mandela, Pierre Bourdieu, Émile Zola et Julian Assange.
  • Journal le plus lu : Le Monde.
  • Émission télévisée de référence Envoyé Spécial.
  • Radios les plus écoutées : France Inter et France Info.

Olivier Quelier.

Devenir secrétaire de rédaction ne serait pas le rêve du futur jeune journaliste